The Guardian publiait, le 12 juillet 2025, un article au titre inquiétant : « Quality of scientific papers questioned as academics “overwhelmed” by the millions published » [« la qualité des articles scientifiques remise en question alors que les universitaires sont “submergés” par les millions d’articles publiés »]. Il y est question d’une explosion de publications scientifiques, souvent générées par l’intelligence artificielle (IA), au point de saturer les revues et de noyer les contributions humaines dans une masse d’articles au contenu parfois douteux.

Ce constat soulève une question légitime : si l’IA est capable de rédiger des articles scientifiques, peut-elle également écrire des tribunes ? Peut-elle se substituer à l’auteur d’un texte d’opinion, de réflexion ou d’engagement ?

La question mérite d’être posée, non seulement pour des raisons techniques, mais aussi pour des considérations intellectuelles et éthiques. A première vue, l’IA semble taillée pour l’exercice : elle peut produire des textes clairs, bien structurés, exempts de fautes et adaptés à un ton spécifique. Elle maîtrise l’art de la rhétorique, peut synthétiser des sources multiples et imiter le style d’un éditorialiste aguerri.