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« Intelligence artificielle » est la formule reine de l’année. Plus tout à fait pour désigner l’ambitieux programme de recherche, qui porta ce nom dans le sillage du mathématicien britannique Alan Turing, mais plutôt comme label d’applications à fort potentiel commercial que cette recherche a suscitées. Et surtout, « IA », comme jadis la « fée Electricité », a acquis dans l’imaginaire commun le statut de vérité technique de notre temps, de médium universel, qui ne peut pas ne pas trouver sa place dans nos tâches, sous peine de stagnation mortelle.

Le défi, face à une telle image, est d’échapper à sa puissance de paralysie intellectuelle, de continuer à penser ses propres activités et à en envisager les nécessaires perfectionnements indépendamment de la prétendue technique absolue de l’âge contemporain.

Ainsi de l’enseignement scolaire. S’il faut résister à la tentation de ramener tout le discours sur l’innovation en matière scolaire à la seule IA, ce n’est pas par hostilité à l’innovation technique, ni non plus au nom d’une prétendue intelligence naturelle, mais au contraire parce que l’éducation, en général, et l’enseignement, en particulier, sont techniques par essence.