Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Vie au travail Vie au travail Vie au travail Conditions de travail Conditions de travail Conditions de travail Dans son ouvrage de synthèse consacré à l’ubérisation, Patrick Cingolani souligne le « déni » des plateformes numériques concernant le lien de subordination qui caractérise, à ses yeux, leur relation avec les travailleurs. Article réservé aux abonnés Livre. Des livreurs à vélo qui se doivent d’être performants pour espérer choisir leurs horaires de travail. Des chauffeurs de VTC dont la psychologie est disséquée afin d’estimer quelle baisse de rémunération ils sont prêts à accepter sans que la qualité de service en soit affectée. Des free-lances, enfin, dont le travail payé à l’heure est contrôlé en continu, avec captures d’écran aléatoires et décompte du nombre de frappes effectuées sur le clavier. Dans son « Que sais-je ? » consacré à l’ubérisation, Patrick Cingolani, professeur émérite de sociologie à l’université Paris Cité, nous plonge dans le quotidien des travailleurs des plateformes numériques, qui, loin des promesses d’indépendance et de liberté, sont placés sous l’autorité d’un algorithme, « maître insondable », exposés à une « loi du chiffre (…) impérieuse, menaçante ». Des conditions de travail éprouvantes, désormais bien documentées, dont l’ouvrage propose une synthèse bienvenue, s’appuyant sur des études récentes. On comprend au fil des pages combien, face à ce constat, les entreprises portant ces activités ubérisées sont dans le déni. Déni d’« un rapport social asymétrique » entre les travailleurs et la plateforme. Dans les faits, pourtant, cette dernière soumet, manipule même parfois, les prestataires de services. Ceux-ci n’ont, par ailleurs, pas accès à nombre de données détenues par la « boîte noire de l’algorithme » qui leur permettraient de comprendre décisions et injonctions qui leur sont adressées. Il vous reste 61.73% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.