Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Emploi Emploi Emploi Conditions de travail Conditions de travail Conditions de travail Dans « Comme des esclaves », la chercheuse livre une enquête saisissante évoquant notamment la situation de personnes immigrées et en situation irrégulière. Vendangeurs, ouvriers du bâtiment... Ils sont soumis à des conditions de travail éreintantes, comme elle le raconte dans un entretien au « Monde ». Article réservé aux abonnés Après une enquête menée sur la domesticité et publiée en 2022 (Servir les riches, La Découverte), la sociologue Alizée Delpierre, chercheuse au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), poursuit son travail sur les rapports d’exploitation avec Comme des esclaves. Vivre la surexploitation et s’en libérer (La Découverte, 216 pages, 21 euros), qui paraît jeudi 27 août. Un ouvrage dans lequel elle explore les moteurs d’un « asservissement » qui se déploie sans que « des chaînes ne brident le corps » des exploités. Vous expliquez dans votre ouvrage que quelques centaines à plusieurs milliers de personnes sont victimes d’une surexploitation par le travail en France. Que recouvre cette notion ? Ces personnes ont des conditions de travail et de vie extrêmement éprouvantes. Employées dans des secteurs variés comme l’agriculture, le bâtiment, la domesticité ou les commerces de proximité, elles travaillent de façon quasi illimitée, entre dix-huit et vingt heures tous les jours, de nuit comme de jour, et ne sont que rarement rétribuées – quelques dizaines ou centaines d’euros par mois maximum. Elles sont aussi parfois « dédommagées » avec la mise à disposition d’un logement vétuste – un employé dans une épicerie dormait par exemple dans un faux plafond –, un peu de nourriture, un accès aléatoire à l’eau. Leurs conditions d’hygiène apparaissent particulièrement dégradées. La capacité à « régénérer » leur propre corps est donc, en pareils cas, menacée. Il vous reste 79.06% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.