Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Éducation Éducation Éducation Tribune Collectif Devant le décrochage de la France dans les matières scientifiques, une cinquantaine de figures emmenées par le Collectif Maths&Sciences expliquent, dans une tribune au « Monde », le caractère crucial d’une éducation massive aux savoir-faire scientifiques, techniques et manuels pour faire face aux enjeux du futur. Publié aujourd’hui à 18h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Les résultats de l’enquête PISA [Programme international pour le suivi des acquis des élèves] sont parus, centrés sur les sciences. Une fois de plus, les scores français baissent. S’ensuit la sempiternelle rengaine d’alertes et de solutions sans effet. Finalement, quelle place voulons-nous vraiment accorder aux sciences dans l’éducation, pour notre société ? Jamais les technologies n’ont joué un rôle aussi crucial qu’aujourd’hui dans les équilibres des forces économiques, sociales et politiques mondiales. Jamais les sciences n’ont généré autant de pouvoir : avec les avancées qu’elles permettent, l’investissement de grandes entreprises internationales dans les services et les infrastructures confère à celles-ci une hégémonie dangereuse, imposant leur vision du monde aux pays dépendant de leurs produits au travers de leurs applications des sciences. Notre capacité à les maîtriser est donc plus que jamais la clé de notre société future. Pourtant, alors que la France a fondé sa puissance sur des bases technologiques construites au cours de la seconde moitié du XXe siècle, l’ambition scientifique s’est effacée. Dans une situation inédite depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les profils scientifiques sont devenus minoritaires parmi les bacheliers généraux, leur nombre chutant de près de la moitié avec la réforme du lycée de 2019. Des répercussions se confirment jusque dans les écoles d’ingénieurs, dont la diminution du nombre d’entrants pour la troisième année consécutive est sans précédent. La relégation des sciences à un statut optionnel et l’impossibilité du maintien de la polyvalence scientifique sont en cause : cette organisation anéantit les sciences de l’ingénieur, divisant par cinq ses effectifs, et bloque le développement de l’informatique. Elle fait exploser le nombre d’élèves ne suivant pas de cours de mathématiques, concernant près de 40 % des bacheliers et les deux tiers de celles et ceux inscrits en sciences du vivant. Il vous reste 72.06% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.