L’attribution d’un important contrat à Alstom pour construire des voitures de train Via Rail, en partie à partir du Québec, constitue une « interférence » avec la campagne électorale québécoise en cours, dénonce le Bloc québécois.« Cette annonce intervient toutefois en pleine campagne électorale québécoise, une interférence bien malvenue dans notre démocratie », peut-on lire en conclusion d’une déclaration envoyée au Devoir jeudi, et signée du député bloquiste Xavier Barsalou-Duval.Le parti souverainiste à Ottawa a refusé la demande d’interview sur cette question, pour ne pas empiéter à son tour sur le débat politique au Québec.L’attaché de presse du Bloc québécois, Julien Coulombe-Bonnafous, précise que la déclaration soulignait d’abord que le parti exigeait que ce contrat pour des voitures reste au pays, contrairement à ce qu’a fait Ottawa en 2018 en optant pour la branche américaine de Siemens pour y assembler les voitures du corridor Québec-Windsor de Via Rail.
Peut-on voir dans le moment choisi pour cette annonce une ingérence inappropriée dans le processus démocratique ? La critique ne passe pas auprès du lieutenant québécois du gouvernement Carney, Joël Lightbound.« Je m’explique mal ce raisonnement-là. C’est un contrat qui relève entièrement du gouvernement du Canada, qui a été annoncé à Thunder Bay. Le Bloc québécois devrait se réjouir de voir plus de 400 emplois créés au Québec », a-t-il répliqué, lorsque joint par Le Devoir à partir de La Pocatière.Celui qui est aussi ministre fédéral des Travaux publics et de l’Approvisionnement assure au contraire que l’annonce de jeudi fait plutôt suite à une demande des travailleurs de La Pocatière, rencontrés en marge d’une autre annonce, en janvier, pour la fabrication des voitures du métro de Toronto. Alstom dispose d’une autre usine à Thunder Bay, en Ontario, qui profitera aussi de l’important contrat.Pas la première foisOr, M. Barsalou-Duval n’est pas le premier à avoir formulé des critiques envers ce genre d’annonces fédérales qui surviennent peu de temps avant le grand rendez-vous électoral des citoyens du Québec.Son propre chef, Yves-François Blanchet, avait pris le clavier lors de l’annonce de la récente entente entre Québec et Terre-Neuve-et-Labrador sur Churchill Falls, pour laquelle Mark Carney a joué un rôle important. M. Blanchet y a vu une stratégie qui « a davantage pour objet de faire élire la CAQ [Coalition avenir Québec] que de servir les intérêts supérieurs du Québec ».Fin août, lors d’une autre grande annonce, celle concernant un important contrat fédéral pour six brise-glace attribué au Chantier Davie, à Lévis, le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, avait demandé « respectueusement » à Mark Carney « de se mêler de ses affaires et de rester à l’extérieur de l’élection québécoise ». Celle-ci a été déclenchée trois jours plus tard.Lors de ce point de presse, M. Carney a fait preuve d’une certaine improvisation en vantant les qualités de la cheffe de la CAQ, Christine Fréchette, disant notamment avoir été séduit par son cri de ralliement, « au travail ». Sourire aux lèvres, le premier ministre fédéral n’a pas répondu directement lorsqu’on lui a demandé s’il souhaitait voir Mme Fréchette remporter les élections du 5 octobre. Il a plutôt dressé la liste des récentes annonces d’Ottawa au Québec, comme le lancement des travaux de la mine Nouveau Monde graphite, dans Lanaudière, où le ministre québécois Bernard Drainville l’a tenu au sec en lui tenant un parapluie.Le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, a réitéré lundi soir dans son discours de défaite aux élections partielles dans Chicoutimi-Le Fjord qu’il concentrerait désormais ses efforts à aider l’élection d’un gouvernement du Parti québécois à Québec.Avec Alex Fontaine









