L’opposition du Parti québécois au TGV compromet sa réalisation, selon Ottawa, et « démontre que le parti va prioriser son obsession référendaire avant n’importe quoi d’autre », estiment les troupes libérales.Le chef péquiste, Paul St-Pierre-Plamondon, a promis mardi de retirer le Québec du chantier de train à grande vitesse s’il s’emparait du pouvoir en octobre. À ses yeux, la rénovation des infrastructures québécoises vétustes devrait l’emporter sur « le coupage de ruban » d’une liaison ferroviaire à risque « d’être un énorme fiasco financier » et surtout motivé par le souci de « renforcer l’unité canadienne. »« C’est un projet formidable, un projet de construction nationale qui inclut le Québec, a affirmé mercredi le ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon. Bien sûr, s’il n’incluait pas le Québec, il n’y aurait plus vraiment de projet. »« C’est 1000 kilomètres », a souligné Martin Imbleau, le président et directeur général d’Alto, sur les ondes de Radio-Canada mercredi. « S’il y a 500 km du projet qui n’existent plus, on ne parle plus de la même affaire. Le projet ne va plus de l’avant. »Sur la foi du calcul du député bloquiste Jean-Denis Garon, qui estime le coût du TGV frôlera 200 milliards de dollars, soit bien au-delà de la fourchette budgétaire comprise entre 60 et 90 milliards avancée par la société Alto, le Parti québécois veut demander à Ottawa de lui octroyer une somme de 40 milliards de dollars correspondant, selon la formation souverainiste, à la part du Québec dans le « projet pharaonique ».Le député de Matane-Matapédia a précisé, mercredi, qu’il n’existait aucune garantie que le Québec obtiendrait 40 milliards de dollars du fédéral s’il se retirait du TGV. « Nous allons d’abord faire une démarche qui n’est pas faite par le gouvernement de la CAQ : nous allons le demander », a expliqué Pascal Bérubé, ajoutant qu’« entre des écoles, des routes, des hôpitaux, puis un TGV ; à court terme, je prendrais des écoles, des routes, des hôpitaux ».Le député libéral de Pontiac, André Fortin, a reproché au PQ d’adopter une position « dogmatique, irréfléchie et teintée de partisanerie ».« Il sait très bien — comme à peu près tout le monde — que ce 40 milliards-là n’existe simplement pas s’il n’y a pas de projet. J’espère vraiment que M. St-Pierre Plamondon n’aura pas l’audace d’inscrire ce 40 milliards-là dans son cadre budgétaire de la prochaine campagne électorale. Ce serait ajouter l’insulte à l’injure. »Les libéraux ont réitéré leur appui au TGV, « un projet dont on ne peut se passer au Québec », a souligné M. Fortin. « Leur argument à l’effet que ce train-là, c’est le train de l’unité canadienne […], ça démontre qu’un gouvernement du Parti québécois serait prêt à mettre de côté certains intérêts supérieurs du Québec parce qu’ils veulent préparer le terrain pour la prochaine campagne référendaire. »Pierre Poilievre manifeste à OttawaLe TGV ne rencontre pas que le Parti québécois sur sa route. Lundi, l’Union des producteurs agricoles (UPA) a fait front commun avec ses homologues canadiens pour exiger une révision du TGV présentement dans les cartons. Le monde agricole organise une autre démonstration de force mercredi à Ottawa. Le chef conservateur, Pierre Poilievre, et le député bloquiste de Mirabel, Jean-Denis Garon, ont promis d’y participer.Le leader conservateur a déploré que le train coûtera « 8000 $ par famille de quatre personnes » — une estimation calculée, explique le parti, sans nécessairement connaître le nombre de ménages de quatre au Canada.Peu importe le fardeau réel que le TGV imposera aux contribuables, les conservateurs croient que le gouvernement devrait plutôt « mettre l’argent dans les poches des Canadiens qui ont de la misère à payer leur facture ».Le Bloc québécois s’oppose lui aussi au TGV actuel. Favorable au « principe » du train à grande vitesse, la formation bloquiste estime que la proposition présentement sur la table est une « recette pour le désastre ».« Ça prend de l’acceptabilité sociale, ça prend des consultations, ça prend des chiffres et il faut s’assurer que ce projet-là soit le meilleur des projets », a énuméré le député de Repentigny et ancien responsable de Greenpeace, Patrice Bonin. « S’il y a 100 milliards de dollars qui sont mis, il faut que ce soit mis à la meilleure place. »Le ministre fédéral des Transports a quant à lui promis d’« être à l’écoute des milieux, dont le monde agricole », jusqu’à la présentation d’un tracé définitif.
Ottawa et le PLQ accusent le PQ de mettre en péril la réalisation du TGV
Le libéral André Fortin le taxe de faire passer «l’obsession référendaire» avant les «intérêts supérieurs du Québec».








