Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Critique littéraire Critique littéraire Critique littéraire Essais Essais Essais Chaque semaine, une sélection de parutions récentes, au-delà des titres phares. Article réservé aux abonnés Trois romans, deux récits, deux recueils de poésie, deux essais d’histoire, un livre photo et un livre jeunesse : voici les brèves critiques de onze ouvrages notables de la rentrée littéraire en cette trente-sixième semaine de l’année. Roman. « Minotaure », de Boris Bergmann Boris Bergmann s’est fait connaître à l’âge de 15 ans avec Viens là que je te tue ma belle (Scali, 2007), manifeste générationnel qui en fit aussi un de ces prodiges de la littérature toujours attendus au tournant. Un épisode sur lequel il revient d’ailleurs dans Minotaure, son premier roman autobiographique après cinq fictions toutes traversées par des pères absents. Cette fois, l’auteur aborde le sujet sans fard, mêlant avec subtilité psychanalyse et mythologie. Né en 1992 d’une brève passion entre sa mère, salariée de l’association Aides, et un de ses psychiatres intervenants qui ne souhaitait pas cette paternité, l’auteur grandit auprès d’une foule de pères de substitution, homosexuels militants, amis de sa mère. De cette famille unie par l’urgence et la fièvre du combat contre le sida, Boris Bergmann livre un portrait flamboyant. Jusqu’au jour où il décide de retrouver son père. Devant le cabinet de son géniteur, dont il a fini par obtenir l’adresse, il « sonne au nom du père » – au propre comme au figuré. Mais l’entrevue est tout sauf chaleureuse et les retrouvailles prennent l’allure d’un combat psychologique et légal impitoyable où se rejouent les questions du désir, de la filiation, du rejet. Dans cet affrontement, le jeune homme se voit en minotaure, fils illégitime et honteux de Minos enfermé dans un labyrinthe. Jouant avec les signifiants et les symboles, c’est cette quête pour sortir du dédale des origines que relate avec élégance l’auteur qui finira par tuer le père autant que le monstre en lui. V. Fr. « Minotaure », de Boris Bergmann, éd. Albin Michel, 256 p., 20,90 €, numérique 15 €. Jeunesse. « Crispy septembre », de Claire Castillon Si une jeune personne de votre entourage trouve sa rentrée catastrophique, offrez-lui donc Crispy septembre, de Claire Castillon, qui devrait lui permettre de relativiser ses malheurs. Mais aussi lui donner un peu d’espoir, puisque les tuiles que va enchaîner Malène dans ses premiers jours de 4e (après un été qui, « sur l’échelle du pourri, se situe au-delà du compost ») ont de fortes chances de tourner, au moins en partie, à son avantage. L’autrice déploie un délicieux sens du burlesque à mesure que sa jeune héroïne accumule les déconvenues (copines dans une autre classe, « crush » au comportement incompréhensible, chute spectaculaire devant tout le collège, parents à couteaux tirés, frère les deux pieds dans l’âge ingrat…). Le regard que l’héroïne et narratrice porte sur les adultes, chez elle et à l’extérieur, sur leurs manies déraisonnables qui n’ont pas grand-chose à envier aux incongruités adolescentes, fait partie des grands plaisirs de ce roman, début d’une « minisérie », assure, sans plus de précisions, l’éditeur – sinon que le deuxième tome est annoncé pour l’automne. R. L. Il vous reste 81.25% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Les brèves critiques de la rentrée littéraire : Claire Castillon, Bernard Lecomte, Jane Sautière, Enzo Traverso…
Chaque semaine, une sélection de parutions récentes, au-delà des titres phares.
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