Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Critique littéraire Critique littéraire Critique littéraire Essais Essais Essais Chaque semaine, une sélection de parutions récentes, au-delà des titres phares. Article réservé aux abonnés Quatre romans, deux récits, un essai d’histoire, un d’études littéraires : voici les brèves critiques de huit ouvrages notables en cette vingt-quatrième semaine de l’année. Roman. « Bosphore Tango », de Metin Arditi Dans Bosphore Tango, dernier volet de la Trilogie de Constantinople imaginée par Metin Arditi, l’on retrouve Istanbul, en 1955, en proie à l’un des pires pogroms orchestrés par le régime turc contre les minorités grecque, arménienne et juive. Simultanément, en Suisse, sur les bords du lac Léman, une communauté d’exilés rêve d’une Constantinople perdue dans un studio de danse rebaptisé « Bosphore Tango ». C’est là que Gülgül, champion d’Atatürk, reçoit les siens et rend un ultime hommage à son père par la danse. Mais la diaspora n’accueille que les exclus. Jalila, romancière reconnue et ultime personnage de la fresque, en sait quelque chose, qui ne peut trouver sa place puisqu’elle a elle-même choisi d’être en marge. Au terme d’une trilogie qui a opté, au fil des volumes, pour des gros plans terribles ne laissant entrevoir nul secours – pas même celui de la mélancolie –, Metin Arditi acte la faillite d’un œcuménisme apaisé, disparu en un siècle. Ph.-J. C. « Bosphore Tango », de Metin Arditi, Grasset, 240 p., 20 €, numérique 15 €. Récit. « Autoportrait » de Davide Enia Un incipit tel un coup de feu. « Mon premier mort assassiné, je le vois à l’âge de 8 ans, au retour de l’école. » Le romancier et dramaturge palermitain Davide Enia se souvient. Comme souvent, sa ville natale est la matière première de son œuvre, et a fortiori ici, dans cet Autoportrait où l’auteur, né en 1974, montre combien « tout [y compris lui-même] y est imprégné de Cosa Nostra qu’on le veuille ou non ». « C’est votre faute si vous nous forcez à grandir dans une ville où on assassine des gens sous notre balcon », reproche le meilleur copain de Davide à ses parents. Les escadrons de la mort déguisés en policiers, les enlèvements, l’omerta, mais aussi le vendeur de sel sur son Piaggio, « tee-shirt moulant et bedaine qui dépasse » : à hauteur d’enfant, cette Palerme des années de plomb n’est que plus impitoyable. « Il faut comprendre, conclut Enia, que si tu te trouves devant une flaque de sang (…), l’image qui s’y reflète est ton autoportrait. » Fl. N. Il vous reste 81.18% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.