Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Critique littéraire Critique littéraire Critique littéraire Essais Essais Essais Chaque semaine, une sélection de parutions récentes, au-delà des titres phares. Article réservé aux abonnés Trois romans, trois essais de philosophie, deux d’histoire, un récit, un recueil de nouvelles, un beau livre : voici les brèves critiques de onze ouvrages notables en cette dix-neuvième semaine de l’année. Roman. « Les Chemins écarquillés », d’Aurélien Blanchard A l’image de son drôle de titre, où se mêlent de façon inattendue deux réalités en principe incompatibles – les sentiers que l’on parcourt et les yeux qu’on ouvre démesurément –, Les Chemins écarquillés est un premier roman hybride à tous égards. La belle réussite d’Aurélien Blanchard tient ainsi à la façon qu’il a de nous faire accepter la cohérence de la réalité parfaitement incohérente qu’il décrit. Dans un futur pas si lointain, dont on découvre progressivement les caractéristiques, dix ans après « le grand shutdown » qui a mis fin à Internet, un repris de justice est chargé d’escorter une créature jusqu’au laboratoire d’un zoologue. Personne ne s’étonne de le voir marcher avec ce qui ressemble à un tapir. Lui-même se prend d’ailleurs d’affection pour ce nouveau compagnon qu’il baptise Victor. Quand il comprend que le zoologue compte mener des expériences sur son nouvel ami, notre héros le libère et s’enfuit avec lui. Commence alors une folle course-poursuite, au cours de laquelle les deux compagnons de voyage prennent soin l’un de l’autre et s’épaulent. Les situations sont aussi cocasses que tragiques, la quête aussi existentielle que terre à terre. La langue d’Aurélien Blanchard, toujours joueuse, mêle spontanéité apparente et efficacité narrative, en un ensemble détonnant et réjouissant. Un premier roman hors norme et une voix prometteuse. F. By « Les Chemins écarquillés », d’Aurélien Blanchard, éd. Christian Bourgois, 160 p., 17 €, numérique 13 €. Récit. « Les Pêcheurs », de Raul Brandao Considérée comme une des plus belles œuvres de la littérature portugaise, Les Pêcheurs, publié en 1923 par le romancier, dramaturge et journaliste Raul Brandao (1867-1930), hésite entre le carnet de voyage du littoral portugais, de Povoa de Varzim à Sagres, le reportage sur l’activité halieutique et l’hommage à un art de vivre menacé en ce début du XXe siècle, où l’appel du Brésil et des usines commence à vider les rivages de leurs travailleurs. Il vous reste 86.05% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.