Neuf romans, deux récits, deux recueils de poésie, trois essais d’histoire, un de philosophie, un de sociologie… Voici les brèves critiques de dix-huit ouvrages notables en cette vingtième semaine de l’année.
Roman. « Kylian », d’Anne Akrich
Ce qu’il pourrait y avoir de plus éloigné d’un Kylian Mbappé au faîte de sa gloire ? Une autrice engluée dans le désastre, qui n’écrit plus que pour les autres, en tant que « ghost writeuse », poursuivie par sa banque, pas très adepte des grands discours sur le mental (le sien est au plus bas), et dont l’alimentation se compose essentiellement de vin – même si l’alcool fait mauvais ménage avec les antidépresseurs qu’elle finit par prendre. Ainsi se présente Anne, mère divorcée d’un garçon de 6 ans ; elle va voir dans la suggestion faite par un éditeur d’écrire la biographie du footballeur français la possibilité de racheter ses manquements auprès de son fils – et, peut-être, de découvrir les secrets du succès tout en pondant un best-seller.
Bien sûr, rien ne va se passer comme prévu. Et Kylian, le sixième livre qu’Anne Akrich signe de son nom (elle aussi est « ghost writeuse »), va ressembler à presque tout sauf à une bio de Mbappé : à une variation autour du ratage, à une comédie de la dépression jalonnée de dialogues rapides et irrésistibles, à une satire du milieu de l’édition (pour lequel la rentrée littéraire vire à la « maladie cardio-vasculaire ») et de sa passion pour la « storyfication »… Ou encore à une autofiction jouant avec les limites du genre pour mieux glorifier l’imagination, cette faculté qui permet de transformer Mbappé en coach de vie, si tel est votre bon plaisir. R. L.






