Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Critique littéraire Critique littéraire Critique littéraire Livres Livres Livres Chaque semaine, une sélection de parutions récentes, au-delà des titres phares. Article réservé aux abonnés Cinq romans, un récit, un recueil de poésie, une bande dessinée, une biographie : voici les brèves critiques de neuf ouvrages notables en cette vingt-septième semaine de l’année. Polar. « Le Temps des bêtes féroces », de Victor del Arbol Peut-on échapper à son destin ? C’est, à coup sûr, la question que se pose Vesna, étendue sur le bord d’une route escarpée de Lanzarote, dans les Canaries. Cette réfugiée bosniaque rentrait chez elle à vélo quand une voiture l’a percutée à pleine vitesse, la laissant pour morte. Cela n’a rien d’un accident : cette tentative d’assassinat lèvera le voile sur des secrets enfouis depuis les guerres en ex-Yougoslavie, dans les années 1990. Roman choral, Le Temps des bêtes féroces est une suite directe de Personne sur cette terre (Actes Sud, 2025). Un troisième tome est paru en Espagne qui parachève cette trilogie du « sicaire sans nom », tueur à gages mexicain qui, fait étrange, exprime de l’empathie pour ses cibles. Nous le retrouvons donc, lui avec d’autres personnages du livre précédent. Fer de lance du renouveau du polar espagnol dans les années 2010, Victor del Arbol distille une réflexion sur la violence depuis ses débuts en littérature. « J’ai choisi la douleur, la violence, le contexte historique, confiait-il au “Monde des livres” en 2017, mais toute la littérature traite du conflit. » Son nouveau roman n’échappe pas à la règle puisque la noirceur et la douleur sont omniprésentes. Avec, également, cette réflexion quasi philosophique chez cet admirateur d’Albert Camus : au fil de ses livres, Victor del Arbol ne cesse d’interroger un monde dépourvu de sens et où « personne n’est absolument innocent et personne n’est absolument coupable », selon le mot du philosophe Paul Audi. Victor del Arbol est un homme du détail, du grain de sable. Il aime raconter ce qui fait tout dérailler, ce qui chamboule l’ordre du monde. Avec, comme conséquence, de remuer un passé enfoui, pour jeter une lumière crue sur les ombres de l’histoire. Cette fois-ci, ce grain de sable s’appelle « Vesna ». A. Me. Il vous reste 85.56% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.