Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Critique littéraire Critique littéraire Critique littéraire Essais Essais Essais Chaque semaine, une sélection de parutions récentes, au-delà des titres phares. Article réservé aux abonnés Un roman, un recueil de poèmes, un essai de philosophie, un autre d’histoire, une bande dessinée, des arts (photographie, cinéma et théâtre, peinture et littérature), un récit du paysagiste Gilles Clément et un livre de la correspondance qu’entretint Mark Twain avec son épouse, Olivia : voici les brèves critiques de dix ouvrages notables, en cette vingt-deuxième semaine de l’année. Poésie. « La Nonne et la Meuf », de Katia Bouchoueva S’il est si difficile de parler du nouveau recueil de poèmes de Katia Bouchoueva, La Nonne et la Meuf, c’est sans doute parce que sa langue « marche plus vite que la petite musique ». De fait, ses mots dévalent les routes, enjambent les genres et les formes pour aller à pleine vitesse d’une image à l’autre. Nous sommes dans un monastère à l’heure des vêpres, sur une montagne (« tendre bosse »), dans une ville dont l’âme « voudrait être lente ». Ici, les frontières sont fondantes, les rôles, interchangeables. L’oreille voit tandis que le « petit ongle » écoute. Pour accompagner sa course, la poète et slameuse – née à Moscou en 1982 – fait appel tant aux textes mystiques (Jean de la Croix, Thérèse de Lisieux) qu’aux grandes voix de la littérature lesbienne (Monique Wittig). Cette prodigieuse alchimie fait naître des vers translucides (« Cette année-là/les corps partaient dans des ballons de vérité/très loin,/très haut »), qui forment, ensemble, une fable d’amour liquide et douce. L. Hu. « La Nonne et la Meuf », de Katia Bouchoueva, MF, « Poésie commune », 112 p., 10 €. Botanique. « Un jardin pour l’éternité », de Gilles Clément (avec Yorgos Archimandritis) Le paysagiste Gilles Clément, enseignant, écrivain, artiste, mais surtout « jardinier », s’est confié pour rédiger ce livre à un autre « écrivant », Yorgos Archimandritis. Celui-ci, également journaliste et auteur, en France et en Grèce, de documentaires pour la radio et la télévision, a déjà brossé les portraits du musicien Mikis Theodorakis ou des réalisateurs Jules Dassin ou Theo Angelopoulos. Ce Jardin pour l’éternité, composé avec le créateur du jardin du Musée du quai Branly, fait ainsi écho à L’Eternité et un jour, film majeur du cinéaste grec. Comme est grec le mot oikos, qui désigne la maison, et introduit aussi, nous rappelle Yorgos Archimandritis, une manière de penser et un rapport au monde. Ici ceux d’un « enraciné dans la terre », qui épingle d’entrée une illusion : celle de notre prétendue maîtrise de la « nature », tout en soulignant notre propre appartenance au vivant. Il vous reste 83.67% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.