Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Critique littéraire Critique littéraire Critique littéraire Essais Essais Essais Chaque semaine, une sélection de parutions récentes, au-delà des titres phares. Article réservé aux abonnés Trois romans, deux récits, un recueil de poésie, un essai littéraire, un de philosophie et un d’histoire : voici les brèves critiques de neuf ouvrages notables en cette vingtième semaine de l’année. Roman. « La Rencontre », de Gabriela Adamesteanu Le rêve récurrent et traumatique de Manu Traian, dans lequel sa mère feint de ne pas le reconnaître, fait partie de ces incipits énigmatiques qui s’éclairent progressivement, au fil des pages, en même temps qu’ils fixent l’essence du personnage principal. Manu Traian est un homme assez détestable. Biologiste renommé, il n’aime parler que par tirade, dans le silence absolu d’une audience admirative. Quarante ans après avoir quitté la Roumanie pour mener des études brillantes à l’étranger, il revient dans son pays natal pour y donner une conférence. A son retour, il raconte à son cercle d’amis la déception de ses retrouvailles avec ce pays qu’il avait fui, sa rencontre avec des membres de sa famille, des inconnus. S’ils l’appellent « cousin » et le couvrent de cadeaux, Traian leur fait comprendre qu’il préfère « monsieur », marquant sa rupture avec ce peuple qu’il méprise ouvertement et contre lequel il s’est construit. Composé de petites scènes dialoguées, La Rencontre, roman captivant de Gabriela Adamesteanu, trouve sa richesse dans les déplacements de focalisation qui donnent à lire les échanges de plusieurs points de vue, dotant chaque séquence d’un sous-texte ironique ou comique. Cette construction à double fond illustre le fait que le discours dit rarement ce qu’il veut vraiment dire et que chacun avance seul dans la prison de son intériorité : ici-bas, c’est le traumatisme qui règne. L. C. de P. « La Rencontre » (Intâlnirea), de Gabriela Adamesteanu, traduit du roumain par Nicolas Cavaillès, Non Lieu, 320 p., 18 €. Récits. « Comme l’eau dans un poisson », de Daria Apakhonchich Daria Apakhonchich (née en 1985) fut l’une des premières artistes russes estampillées « agent de l’étranger » par l’Etat. Dès les années 2010, elle milite pour différentes causes : pacifiste, féministe, écologique. Ses performances se multiplient ; l’agacement des autorités grandit, perquisitions et interrogatoires se succèdent. En 2021, elle quitte la Russie. Il vous reste 83.3% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.