Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Le Goût du Monde Le Goût du Monde Le Goût du Monde Art floral Art floral Art floral Chronique Julie Lasterade Outre ses vertus en cuisine, cette herbe aromatique apporte une belle note fraîche et camphrée à un bouquet de fleurs coupées. Publié le 06 septembre 2026 à 06h00 Temps de Lecture 1 min. Il a toujours trouvé du travail en cuisine. On l’appelle pour un gigot, des pommes de terre rôties, une focaccia ou une tarte aux abricots. Moins pour fleurir la maison. Dans un bouquet, le romarin fait pourtant beaucoup avec peu. « Un ou deux brins suffisent, explique Hanh-Claire Levêque, maraîchère bio de La Ferme de brouage, à La Gripperie-Saint-Symphorien (Charente-Maritime). Mieux vaut l’accompagner de variétés qui savent se tenir, comme des cosmos ou des zinnias. Pas de capucines, trop molles et flexibles. » Sa tige ligneuse file droit, donne une direction et du corps à une composition très fleurie. Ses fleurs, discrètes au point de se faire oublier dans un bouquet, jouent dans la catégorie poids plume. Cinq millimètres à peine de bleu pâle, de blanc ou de mauve. Dans la nature, il faut presque s’agenouiller pour les voir au milieu des feuilles hérissées et plantées serrées sur la tige. Celles-ci sont d’un vert profond qui va avec tout. Mais, surtout, elles embaument dès que la main les froisse ou les déplace. C’est une idée à retenir pour donner une senteur à une composition. Il n’est pas obligatoire de chercher du côté des fleurs odorantes, les aromatiques font très bien l’affaire. Elles apportent une gourmandise au bouquet et un parfum frais, un peu sauvage, qui change complètement de celui d’une rose ou d’un lys. Le romarin est camphré, « subtil mais puissant, décrit la maraîchère charentaise. Il évoque immédiatement la garrigue, le soleil », sans vous poursuivre dans la pièce. Agent de conservation Ses molécules intéressent aussi la floriculture. Une étude publiée en 2024 dans Horticulturae, la revue scientifique en ligne, a testé les huiles essentielles de sauge et de romarin sur des glaïeuls coupés. Celle du romarin a prolongé de 84,76 % leur durée de vie en vase, notamment en réduisant les populations bactériennes et en améliorant l’absorption d’eau. Il faut évidemment éviter d’en déduire qu’il suffit d’en jeter trois brins dans l’eau du vase pour faire durer ses glaïeuls une semaine de plus. Les expériences portent sur des concentrations précises d’huiles essentielles, mais les chercheurs y voient une piste pour développer de nouveaux agents de conservation naturels pour les fleurs coupées. Zone de prédilection La garrigue, les zones sableuses ou rocailleuses. Floraison Du printemps à l’automne, selon la météo. Entretien Tailler après la floraison. Aime Le soleil, la chaleur et avoir de l’espace autour de lui. N’aime pas Les sols trop humides qui lui donnent de l’oïdium, une affection fongique. Retrouvez ici toutes les chroniques Art floral. Julie Lasterade