Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Le Monde Afrique Le Monde Afrique Tunisie Tunisie Tunisie Les rayons de la plupart des supermarchés et des commerces de proximité restent désespérément vides depuis plusieurs semaines. La pénurie touche un pays devenu dépendant à l’eau embouteillée. Article réservé aux abonnés Les journées se ressemblent pour Riadh Ayari. Il est 9 heures, vendredi 28 août, la température atteint déjà les 35 °C et, comme tous les matins depuis une semaine, l’épicier installé à La Goulette, une petite ville de la banlieue de Tunis, n’a aucune bouteille d’eau à vendre. Peut-être sera-t-il livré plus tard dans la journée, peut-être pas : le commerçant n’a aucune visibilité. Il sait seulement que si des bouteilles arrivent, il faudra être aussi rapide que chanceux pour en obtenir. « Ça part en quelques minutes », prévient-il. Un client du magasin suggère d’essayer d’aller tenter sa chance au Kram, la commune voisine. « Hier, j’ai réussi à acheter un pack là-bas », explique-t-il. Face à la crise, chacun essaie de trouver le bon filon. Dès début juillet et le début d’un été caniculaire en Tunisie, les stocks d’eau minérale ont diminué dans le pays. Mais, fin août, la situation s’est considérablement aggravée et la rareté s’est transformée en pénurie. Chaque jour, la recherche d’une simple bouteille se transforme en parcours du combattant pour des millions des personnes. Les rayons de la plupart des supermarchés, comme ceux des commerces de proximité, restent désespérément vides. La pénurie touche un pays devenu dépendant à l’eau embouteillée. La consommation annuelle moyenne est passée de 87 litres par habitant en 2010 à 225 litres en 2020, selon un rapport de l’Observatoire tunisien de l’eau, un projet porté par l’association Nomad08. Elle aurait atteint 241 litres en 2024, selon l’agence officielle Tunis Afrique Presse. Il vous reste 74.94% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.