Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Critique littéraire Critique littéraire Critique littéraire Chronique François Angelier Collaborateur du « Monde des livres » Le journal des lectures en poche du journaliste. Publié aujourd’hui à 19h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés « Ma vie aventureuse » (Memories and Adventures), d’Arthur Conan Doyle, traduit de l’anglais par Louis Labat, préface de François Rivière, Les Belles Lettres, « Domaine étranger », 256 p., 15,90 €. « Karaïn et autres histoires », de Joseph Conrad, traduit de l’anglais et préfacé par Georges-Jean Aubry, Archipoche, 416 p., 9,95 €. « Pan en Amérique » (Pan in America), de D. H. Lawrence, traduit de l’anglais et présenté par Guillaume Pigeard de Gurbert, édition bilingue, Allia, 64 p., 7 €. Sir Arthur Conan Doyle (1859-1930), célèbre écrivain et médecin spirite anglo-écossais, créateur des intrépides brigadier Gérard et professeur Challenger, a, sa vie durant, enduré une redoutable hantise : fuir. Mais fuir non pas la justice ou des créanciers, fuir pour échapper à sa plus illustre création : l’increvable Sherlock Holmes. Là où Georges Simenon s’en va bras dessus, bras dessous avec Maigret, où Jules Verne invente le film d’aventures en portant Phileas Fogg sur la scène du Châtelet, Conan Doyle, lui, n’a qu’une obsession : sortir de « l’ombre portée » holmésienne qui gagne et le couvre dès 1897, rompre avec l’impression que ce dernier le regarde gigoter sous sa loupe, le titille comme une cendre froide. D’où l’intérêt de cette formidable et tardive autobiographie, Vie aventureuse, publiée en 1924, six ans avant sa mort, une vie « qu’il nous raconte comme un reporter lancé à ses propres trousses », écrit en préface son biographe François Rivière (Tallandier, 2012). Holmes y est remis à sa juste place : un chapitre, pas plus, le 11, où cette « machine à calculer », néanmoins un « bon ami », digne fils de Poe et de Gaboriau, est surtout l’occasion de belles incarnations scéniques, d’un sidérant courrier des lecteurs et de péripéties troublantes. En cadeau, le merveilleux pastiche holmésien signé James Barrie, le père de Peter Pan. Salut à toi, rentable excentrique, mais l’image que le docteur Conan Doyle souhaite léguer, lui qui se rêve barde romanesque de l’histoire anglaise, est d’une autre tenue. Il vous reste 57.68% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
La chronique poches de François Angelier : trois grands Britanniques, Arthur Conan Doyle, Joseph Conrad et D. H. Lawrence
CHRONIQUE. Le journal des lectures en poche du journaliste.
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