Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Romans étrangers Romans étrangers Romans étrangers Chronique François Angelier Collaborateur du « Monde des livres » Le journal des lectures en poche du journaliste. Publié aujourd’hui à 18h00 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés « Clete », de James Lee Burke, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Christophe Mercier, « Rivages/Noir », 398 p., 9,90 €. « Justice » (Justiz), de Friedrich Dürrenmatt, traduit de l’allemand (Suisse) par Alexandre Pateau, Gallmeister, « Totem », 232 p., 9,90 €. « Il est mort les yeux ouverts » (He Died With His Eyes Open), de Robin Cook, traduit de l’anglais par Jean-Bernard Piat, révisé et préfacé par Marie-Caroline Aubert, Gallimard, « Série noire. Classique », 314 p., 14 €. A certains guerriers, pas de repos. Leur cervelle a des airs de cages à rats. Arènes où s’entre-dévore toute une meute affamée de souvenirs, de visions démentes, des relents de mémoire nauséeux, de flashs atroces. Ainsi de Clete, ex-marine, revenu du Vietnam mort au monde, le jumeau stellaire de Dave Robicheaux, ce chevalier à la gueule de bois, ce justicier à la mèche blanche, conçu un soir d’orage par le romancier louisianais James Lee Burke. Au bout de 23 aventures (la première, Pluie de néon, remonte à 1987, toutes chez Rivages), il était sans doute utile de lui accorder enfin son dimanche et de pousser à l’avant-scène Clete Purcell, son double écorché vif, autre croisé. Ancien flic de La Nouvelle-Orléans en délicatesse avec la procédure, détective privé peu enclin à la concession, Clete Purcell assiste un beau matin au dépeçage de son véhicule de collection par une escouade de soudards. Motif : où as-tu fourré le Fentanyl ? Combat s’ensuit qui ouvre à double battant la porte d’un enfer où drogue, traite humaine et surtout corruption et pourritures des élites composent un gombo, le ragoût local, particulièrement lourd et capiteux. D’autant que Burke, comme en témoignait Dans la brume électrique avec les morts confédérés (1993), a le héros charismatique comme d’autres le vin chantant. A ras l’eau des bayous flotte des visions de Jeanne d’Arc et autres figures de rédemption. Enchaînement de face-à-face fangeux et de confessions bouleversantes, d’instants de grâce et d’incursions infernales, Clete, 24e épisode du cycle Robicheaux, nous rappelle cette vérité d’évidence que le roman noir contemporain est l’asile de nuit de la spiritualité mystique et le bayou un autre lac de Tibériade. Mais non ? Mais si. Il vous reste 43.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Trois livres de poche noirissimes conseillés par François Angelier : James Lee Burke, Friedrich Dürrenmatt et Robin Cook
CHRONIQUE. Le journal des lectures en poche du journaliste.
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