Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Critique littéraire Critique littéraire Critique littéraire Essais Essais Essais Chronique François Angelier Collaborateur du « Monde des livres » Le journal des lectures en poche du journaliste. Publié aujourd’hui à 18h00 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés « Quand l’Europe parlait français », de Marc Fumaroli, Texto, 640 p., 13,50 €. « Méditerranée, mer des surprises », de Paul Morand, préface d’Olivier Frébourg, Litos, « Motifs », 168 p., 6,90 €. « Le Livre de ma vie », d’Anna de Noailles, préface de François Broche, Omnia, « Poche », 254 p., 12 €. Si, au dire du Rica de Montesquieu (Lettres persanes, 1721), les Parisiens de 1712 n’ont qu’une question à la bouche : « Comment peut-on être persan ? », trois ans plus tard, mort le Louis le Grand, corps rongé par la gangrène et âme confite en bigoterie, la question a changé de nature. « Comment peut-on ne pas parler français ? », s’interroge-t-on, tant la langue française semble devenue l’idiome majeur, la langue d’élite d’une France Régence et d’une Europe désormais des Lumières, celle des salons et des chancelleries, des palais et des académies. Parler, écrire, décrire et séduire en français s’avèrent le signe social de la distinction. Cette francophonie tournant à la « francophanie », Marc Fumaroli l’incarne au travers d’une grisante parade de silhouettes et d’une anthologie de textes qui en situent au mieux la diversité. Abbés de cour (Conti, Galiani) et maréchaux stratèges (Eugène de Savoie et Maurice de Saxe), excentriques fastueux comme Beckford et salonnières célèbres telle la du Deffand, monarques démangés de culture (Frédéric II de Prusse ou Catherine de Russie) et actrice (Adrienne Lecouvreur), ce virevoltant ballet dont Fumaroli maîtrise au mot près les couples et la cadence, entre Londres, Madrid, Rome et Berlin, a, par ailleurs, un argument tout sauf frivole : paix des nations, pédagogie, rôle social de l’art et expériences esthétiques, amour et société. « La langue française est la langue d’Etat, seule propre aux grandes affaires, disait Charles Quint. » Dont acte avec ce florilège de correspondances, méditations et récits de voyages. Il vous reste 50.08% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.