Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Critique littéraire Critique littéraire Critique littéraire Essais Essais Essais Parmi les parutions récentes en poche, « Le Monde des livres » vous recommande… Article réservé aux abonnés Un récit – de la Prix Nobel 2024 –, deux romans, un recueil de nouvelles, un essai d’histoire et un de philosophie : six livres de poche notables de ce début d’été. Récit. « Blanc », de Han Kang Comme le peintre américain Robert Ryman (1930-2019), qui décida un jour de « peindre la couleur blanche » – parce que, disait-il, « le blanc rend les choses visibles » – l’écrivaine sud-coréenne Han Kang, Prix Nobel de littérature 2024, a ressenti quant à elle le besoin de mettre le blanc en mots. C’était en 2016. Elle fit une liste de 65 objets : sel, riz, glace, linceul, neige, cheveux blancs, première gelée… qui allaient devenir la colonne vertébrale de ce petit livre – un mince et gracieux volume porté par une écriture épurée avec, à chaque page, de généreuses respirations… Résultat : une autobiographie du blanc, pourrait-on dire, en clin d’œil à l’Autobiographie du rouge, d’Anne Carson (L’Arche, 2020). Un texte fait d’éclats de vie et d’associations d’idées. Où chaque fragment entraîne l’autrice un peu plus loin dans les souvenirs et la mémoire intime. Le blanc, couleur du deuil en Asie, la renvoie aux langes d’un nouveau-né, le premier enfant dont sa mère accoucha. C’était une petite fille qui mourut deux heures après sa naissance. La mère de Han Kang lui décrivit plus tard ce nourrisson : « Un bébé qui était aussi blanc et lumineux qu’une galette de lune. » De cet être, la présence-absence innerve tout le livre. Il vous reste 80.66% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.