Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Critique littéraire Critique littéraire Critique littéraire Essais Essais Essais Parmi les parutions récentes en poche, « Le Monde des livres » vous recommande… Article réservé aux abonnés Essai. « Working », de Studs Terkel « Les gens ordinaires ont des réflexions extraordinaires », affirmait le journaliste Louis « Studs » Terkel (1912-2008), qui arpentait inlassablement les Etats-Unis pour écouter les Américains raconter leur quotidien. Working (1974), son ouvrage centré sur le monde du travail, paraît dans une traduction française révisée. Le sous-titre, Les gens parlent de ce qu’ils font toute la journée et de ce qu’ils ressentent à propos de ce qu’ils font, annonce la couleur intimiste de cette sélection de 82 entretiens menés entre 1972 et 1973, dont résulte une immense tapisserie sociale, d’une variété rare. De la femme de ménage au grand dirigeant, du coiffeur au jockey en passant par le croque-mort, le prêtre, l’ouvrier d’aciérie ou le détective privé, des professionnels de tout poil ont enregistré leur voix sur le magnétophone du journaliste sociologue. Des gens qui évoquent leur labeur, leurs plaisirs, leurs rêves, ce qu’ils font ou ce qu’ils auraient aimé faire. « Il faut accomplir quelque chose dans la vie. Sinon vous êtes comme le papier peint collé sur le mur », énonce l’entraîneur de football. Ailleurs, un policier philosophe : « Les gens (…) ont besoin de pare-chocs. C’est ça qu’on est, nous, des pare-chocs. » « Si bas que je me place comme ménagère, j’aime chaque minute de ma journée », reconnaît la femme au foyer, tandis que le dirigeant d’une grande société confesse : « Vous êtes assis derrière votre bureau et vous jouez à être Dieu (…). J’ai été au sommet de la montagne, ça ne vaut pas le coup. » Ajoutant : « L’ordinateur prend le contrôle du monde (…). Si vous mettez de la merde dans un ordinateur, il en sortira de la merde. » Des considérations qui n’ont pas pris une ride sur la façon dont le travail façonne nos vies. Un monument de l’histoire orale, qui saisit le pouls de l’humanité au plus près. C. L. M. « Working. Les gens parlent de ce qu’ils font toute la journée et de ce qu’ils ressentent à propos de ce qu’ils font » (Working. What People Do All Day and How They Feel About What They Do), de Studs Terkel, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Denise Meunier et Aurélien Blanchard, préface de Marie-Anne Dujarier et Olivier Frayssé, L’Ogre, « Sirène », 624 p., 15,90 €. Il vous reste 78.25% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.