Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Cybercriminalité Cybercriminalité Cybercriminalité Tribune Collectif Alors que l’intelligence artificielle permet à n’importe qui de lancer des attaques simultanées et quotidiennes contre des centaines de cibles, un collectif d’élus, d’experts et d’acteurs de la cybersécurité dénonce, dans une tribune au « Monde », le retard stratégique de la France. Publié aujourd’hui à 18h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Il y a des retards qui ne coûtent que des points de croissance. Et il y a ceux qui débouchent aussi sur des hôpitaux paralysés, des mairies rançonnées et des données de citoyens éparpillées sur le dark Web, comme l’a une nouvelle fois démontré la fuite massive de données de contribuables consécutive à l’attaque contre la direction générale des finances publiques [révélée jeudi 13 août]. Cela fragilise la structure et la réputation de l’ensemble du tissu économique et institutionnel national. Le retard français concernant la directive européenne NIS 2 [« Network and Information Security », sécurité des réseaux et de l’information] appartient à la seconde catégorie. Les faits sont têtus. L’échéance de transposition de cette directive européenne était fixée au 17 octobre 2024. Vingt-deux mois plus tard, le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité, qui permet cette transposition, pourtant voté par le Sénat le 12 mars 2025 et adopté à l’unanimité en commission à l’Assemblée, en septembre de la même année, dort dans un tiroir. Il était absent de la session extraordinaire de juillet 2026, et son examen a été renvoyé à septembre, « au mieux ». Résultat : les vols de données se poursuivent, et l’Etat lui-même en est victime. Incidemment, la France révèle une nouvelle fois sa faiblesse en faisant partie des derniers pays de l’Union européenne à ne pas avoir encore transposé la directive, aux côtés de l’Espagne, de l’Irlande et des Pays-Bas. Désormais, chaque jour de passivité se paie très cher. Combat décisif Ce manquement est le symptôme d’un mal plus profond, celui de l’inconscience des décideurs face à un risque devenu systémique. Grâce à l’intelligence artificielle, n’importe qui est aujourd’hui en mesure de lancer des attaques simultanées et quotidiennes contre des centaines de cibles. De l’aveu même du directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), Vincent Strubel, la question, pour chaque entreprise, collectivité, institution et service public, n’est plus de savoir s’ils seront visés, mais quand. Il vous reste 66.02% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Protéger nos données est une condition de notre cohésion nationale et de notre souveraineté »
TRIBUNE. Alors que l’intelligence artificielle permet à n’importe qui de lancer des attaques simultanées et quotidiennes contre des centaines de cibles, un collectif d’élus, d’experts et d’acteurs de la cybersécurité dénonce, dans une tribune au « Monde », le retard stratégique de la France.







