Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Intelligences artificielles génératives Intelligences artificielles génératives Intelligences artificielles génératives Tribune Jean-François Caillard Auditeur Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) Sylvestre Ledru Auditeur IHEDN La décision de l’administration américaine de couper l’accès à certains modèles d’Anthropic doit alerter l’Union européenne et la France, si celles-ci veulent assurer leur souveraineté, estiment, dans une tribune au « Monde », les deux experts en intelligence artificielle Jean-François Caillard et Sylvestre Ledru. Publié aujourd’hui à 13h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés La souveraineté numérique européenne est souvent abordée à travers le cloud, les systèmes d’exploitation, les semi-conducteurs, les câbles sous-marins ou les plateformes. Ces sujets sont essentiels. Une dépendance récente, plus discrète, mais bien plus structurante, est apparue : celle qui concerne les outils capables de produire, maintenir, d’auditer et de sécuriser le logiciel lui-même. Une révolution sans précédent du monde logiciel a commencé il y a un an : l’intelligence artificielle (IA) transforme rapidement et radicalement son développement. Les outils d’assistance à la programmation, de développement de code ou logiciel, de rédaction de tests ou de correction automatique ne sont plus expérimentaux. Ils sont déjà intégrés aux pratiques de nombreux développeurs et sont utilisés par les acteurs majeurs de l’industrie. Demain, ils le seront dans les chaînes industrielles, les administrations, les infrastructures critiques et les systèmes de défense. Il deviendra bientôt difficile de s’en passer : ces outils accélèrent la production, facilitent la compréhension et la maintenance des programmes existants, et contribuent à réduire certains bugs ou vulnérabilités. L’enjeu ne se limite pas à écrire du code plus vite : il porte sur la maîtrise de toute la chaîne logicielle. L’IA intervient désormais dans la revue de code, l’analyse de sécurité, la détection de vulnérabilités et le maintien en condition de sécurité des logiciels. Les progrès d’Anthropic avec Mythos, ou ceux d’OpenAI avec Codex illustrent cette évolution : les IA ne se contentent plus d’aider les développeurs, elles sont devenues des instruments d’audit, de maintenance, de test et de sécurisation à grande échelle. L’écriture de code devient plus accessible. La valeur se déplace vers les modèles, les données, les infrastructures de calcul et, surtout, vers les outils qui produisent, analysent et sécurisent ce code. Celui qui contrôle ces outils contrôle une partie croissante de la chaîne de valeur logicielle. L’Europe doit garder la maîtrise de la production logicielle. Il vous reste 69.03% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
IA : « Notre objectif doit être que personne ne nous dicte nos choix, ni en numérique ni en politique »
TRIBUNE. La décision de l’administration américaine de couper l’accès à certains modèles d’Anthropic doit alerter l’Union européenne et la France, si celles-ci veulent assurer leur souveraineté, estiment, dans une tribune au « Monde », les deux experts en intelligence artificielle Jean-François Caillard et Sylvestre Ledru.
L'embargo US su Anthropic espone la dipendenza europea ai strumenti IA per sviluppo, audit e sicurezza logiciel. Chi controlla gli AI tools (code review, vulnerabilità) domina la catena software; enjeu critico per la sovranità UE.








