Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Intelligence artificielle Intelligence artificielle Intelligence artificielle Tribune Eric Hazan Entrepreneur et enseignant Olivier Sibony Professeur à HEC Paris Le problème des humains n’est pas de choisir entre une accélération ou un ralentissement de l’intelligence artificielle mais de créer les conditions d’une confiance citoyenne, plaident l’entrepreneur Eric Hazan et l’économiste Olivier Sibony, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 17h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Depuis plusieurs mois, les appels à « ralentir », « encadrer », voire « boycotter » l’intelligence artificielle (IA) se multiplient. Le pape Léon XIV a mis en garde contre ses effets sur la dignité humaine, des étudiants américains ont hué les dirigeants de la Silicon Valley, les syndicats s’inquiètent pour l’emploi, les artistes pour la création, les enseignants pour l’apprentissage. Partout affleure la même crainte : que l’IA finisse par nous déposséder de notre humanité. Cette inquiétude est légitime. Mais elle masque la vraie question. Le débat public oppose désormais deux camps, les partisans de l’accélération et ceux du freinage, comme si l’enjeu se résumait au choix d’une allure. Or la question n’est pas la vitesse. C’est la confiance. Et la confiance n’est pas une affaire de technologie : c’est une affaire d’institutions. Commençons par une évidence que les partisans du « ralentissement » sous-estiment : les algorithmes font déjà mieux que nous. Santé, finance, logistique, recherche scientifique : dans de nombreux domaines, ils surpassent déjà l’humain dans les tâches de détection, de diagnostic et d’optimisation. Les travaux du psychologue Paul Meehl, prolongés par ceux du Prix Nobel d’économie Daniel Kahneman, l’ont établi de longue date : l’être humain est un décideur imparfait, sujet aux biais comme aux erreurs aléatoires. Les algorithmes sont, dans bien des cas, plus efficaces et plus cohérents. Rejeter l’IA, c’est se priver de gains potentiels. C’est aussi se tromper de combat. L’argument central des « ralentisseurs » est une forme de principe de précaution : il serait dangereux de faire confiance à des « boîtes noires » dont nous ne comprenons pas le fonctionnement. Pourtant, nous faisons confiance, chaque jour, à des technologies que nous ne comprenons pas. Nous avalons des médicaments sans rien savoir de leur biochimie ; nous montons dans des avions sans comprendre comment ils volent ; nous roulons dans des voitures qui peuvent tuer. Il vous reste 68.41% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.