Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Cybercriminalité Cybercriminalité Cybercriminalité Tribune Déborah Haddad Experte en cybercriminalité Alors que de multiples cyberattaques ont visé les administrations du pays durant l’été 2026, l’investissement public pour s’en protéger n’est pas à la hauteur de la menace, alerte l’experte Déborah Haddad, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 17h45 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés La France est-elle une « passoire numérique » ? A observer l’enchaînement malencontreux de vols de données de nos concitoyens depuis les systèmes d’information d’administrations centrales françaises, on aurait tendance à répondre par l’affirmative. Pourtant, la réalité est plus complexe et exige de dépasser l’indignation première, bien qu’elle soit légitime au regard du préjudice moral causé par ces fuites. Le niveau de la menace cyber est particulièrement élevé au niveau mondial, à la faveur de l’industrialisation des écosystèmes cybercriminels et des tensions géopolitiques. C’est ce qui explique pourquoi la France, et notamment ses administrations, est ciblée par des tentatives de cyberattaques quotidiennes. Nombre de ces dernières, souvent plus sophistiquées que celles qui ont fait l’actualité durant l’été 2026, sont fort heureusement déjouées, sans médiatisation aucune. Mais il arrive que les attaquants parviennent à exploiter des vulnérabilités sans être détectés à temps. Dans le cas des fuites de données récentes – et en l’absence, pour l’heure, du rapport d’audit de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) –, il semblerait que les attaquants aient réussi à exploiter des vulnérabilités à la fois humaines, techniques et organisationnelles au sein des administrations publiques concernées. Leur fragilité n’est certes pas spécifique à la France : l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité estimait en octobre 2025 que les administrations publiques sont la première cible des cyberattaques au niveau européen. La première des vulnérabilités exploitées se trouve être humaine, puisque ces fuites de données ont eu pour origine commune le vol des accès légitimes d’agents du service public, certainement trop crédules face à des techniques d’ingénierie sociale, telles que des courriels d’hameçonnage. La dette technique de l’Etat – à comprendre comme le maintien de systèmes d’information vieillissants –, révélée il y a déjà sept ans par un rapport de la Cour des comptes, ne doit donc pas effacer la part déterminante de responsabilité individuelle dans les cyberattaques. Il vous reste 61.05% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.