Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Sécurité informatique Sécurité informatique Sécurité informatique Tribune Jean-Baptiste Soufron Avocat Le piratage des données de 678 000 contribuables est un sujet plus politique que technique, et qui illustre le bilan des dix ans du numérique en France, analyse, dans une tribune au « Monde », Jean-Baptiste Soufron, avocat et ancien secrétaire général du Conseil national du numérique. Publié aujourd’hui à 08h30 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Un homme est entré, le 26 juin, dans le système d’information de la direction générale des finances publiques (DGFiP). Il y est resté. Le 12 août, il a mis en vente les données de 678 000 contribuables. L’administration fiscale l’a reconnu le 13. Retenons la date du 21 juillet. Après un intense lobbying du gouvernement et de l’Elysée, le Parlement adoptait la loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Les données fiscales étaient déjà sorties depuis près d’un mois. Voilà les deux termes du bilan de dix ans de numérique en France. D’un côté, des mois de débats pour être les premiers en Europe à interdire les réseaux aux adolescents. De l’autre, une fuite de données massive en raison de l’impréparation de l’administration et des errements du politique. Puis vint le 13 août. Ce jour-là, l’administration fiscale reconnaissait l’intrusion. Par un hasard du calendrier, le lendemain, le Conseil constitutionnel, saisi fin juillet par des députés de gauche, censurait l’article 1er de la loi sur les réseaux sociaux pour « atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication ». Quasi simultanément donc, l’Etat avouait qu’il n’avait pas su garder les données des contribuables et perdait le texte qui devait lui tenir lieu de bilan numérique. Le motif de la censure du Conseil constitutionnel mérite d’être lu. Notamment en contrôlant l’âge des usagers, la loi aurait constitué le plus grand fichier d’identité du pays, au même moment où l’Etat se révélait incapable d’empêcher la fuite du revenu déclaré de 678 000 particuliers ou professionnels. Depuis, nous discutons pour savoir si l’attaque était prévisible, si le mot de « passoire » est excessif ou si des solutions techniques auraient dû être mises en place. Mais le sujet semble plus politique que technique ou réglementaire, l’absence de capacité de l’Etat à prendre conscience du sujet étant apparue publiquement dès la déclaration du ministre de l’action et des comptes publics, David Amiel, qualifiant l’attaque de « particulièrement sophistiquée », alors qu’elle a consisté à utiliser des identifiants comme il s’en vend pour quelques centimes. Il vous reste 66.82% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Piratage du site des impôts : « La crédibilité de l’Etat français est mise à mal quand il échoue à protéger l’une de ses forteresses les plus régaliennes »
TRIBUNE. Le piratage des données de 678 000 contribuables est un sujet plus politique que technique, et qui illustre le bilan des dix ans du numérique en France, analyse, dans une tribune au « Monde », Jean-Baptiste Soufron, avocat et ancien secrétaire général du Conseil national du numérique.
















