Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Réchauffement climatique Réchauffement climatique Réchauffement climatique Tribune Serge Tisseron Psychiatre Le concept, qui désigne à l’origine la capacité individuelle des individus à surmonter les traumatismes, a vu sa définition évoluer pour décrire un phénomène social, lié aux idées de solidarité et de responsabilité, analyse le spécialiste dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 5 min. Article réservé aux abonnés Le mot « résilience » s’impose aujourd’hui si souvent dans le discours politique – comme, ces dernières années, au sujet des incendies – que l’on est en droit de se demander s’il n’est pas en passe de fournir la trame d’un nouveau grand récit, ayant le pouvoir de rassembler au-delà de toutes les divergences. Un autre mot lui est en général accolé, celui de « prévention ». La résilience aurait donc à voir avec la politique et la prévention ? Si la réponse à ces deux questions semble aujourd’hui évidente, c’est parce que la résilience dont nous parlons n’a plus rien à voir avec celle qui a été largement relayée par les médias dans les années 1990 à 2010. Le mot est en train de changer de signification. Et ce n’est pas la première fois, mais la cinquième. La « résilience », qui appartient au vocabulaire anglo-saxon, est théorisée en 1942 par la psychologue britannique Mildred Clare Scoville comme une qualité qui permet aux enfants traumatisés par la guerre de se reconstruire. Plus tard, le mot est élargi aux adultes. Certains auteurs proposent de l’évoquer à chaque fois qu’une difficulté, même minime, est surmontée, tandis que d’autres le réservent aux situations de traumatismes majeurs. Etre résilient, c’est donc être capable de faire face aux traumatismes, mais aussi à un licenciement brutal ou aux pressions patronales de l’hyper-performance. Du coup, le concept de résilience permet d’étouffer la colère et l’anxiété que suscitent le chômage ou la rupture d’un contrat. La signification du mot qui se répand en France à partir des années 1990 porte les mêmes dangers que la signification anglo-saxonne : une définition en deux phases (le trauma et la reconstruction), ignorante de la prévention, centrée sur l’individu, ce qui aboutit à la glorification des capacités de résilience de certaines personnalités érigées en « héros ». Développement personnel Puis la signification du mot évolue. D’abord envisagée comme une compétence innée d’origine génétique ou en lien avec les premières années de la vie, elle est ensuite décrite comme une compétence que chacun peut acquérir à tout âge, à condition d’y être aidé, puis comme une force de vie qui se manifeste autant dans le règne végétal et animal que chez l’humain. Il vous reste 71.92% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Serge Tisseron, psychiatre : « Le réchauffement climatique oblige à penser la résilience autrement »
TRIBUNE. Le concept, qui désigne à l’origine la capacité individuelle des individus à surmonter les traumatismes, a vu sa définition évoluer pour décrire un phénomène social, lié aux idées de solidarité et de responsabilité, analyse le spécialiste dans une tribune au « Monde ».






