Alors que les cyclistes femmes poursuivent leur tour de France, nos deux journalistes continuent leur boucle de 350 kilomètres autour de la petite couronne. Cette semaine, randonnée à bicyclette à travers les parcs du Sausset et Robert-Ballanger, dans le 93. Le canal de l’Ourcq à la sortie du parc de la Poudrerie, à Sevran-Livry. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Par Jean-Baptiste Duchenne Publié le 08 août 2026 à 09h30 Intégralement circonscrite à la Seine-Saint-Denis, cette randonnée ne comporte aucune montée ni descente insurmontable, c’est donc l’occasion d’enfourcher son vélo au départ de la gare de Sevran-Livry. Une fois sur la passerelle franchissant le canal de l’Ourcq, je freine et me tiens quelques instants à la rambarde pour contempler, depuis cette perspective d’eau et de verdure, la basilique du Sacré-Cœur, bâtie près de quatre-vingts ans après le canal. Puis je descends en roue libre dans un souterrain de poche rejoignant la partie nord du parc de la Poudrerie (voir l’étape précédente de notre tour), où, de 1873 à 1973, les ouvriers procédaient au stockage des explosifs avant leur transport. Ce secteur de l’ancienne usine abritait un champ de tir, un laboratoire et un préau encore debout, bien pratique pour s’abriter de la pluie ou du soleil. Un futur parc naturel et agricole Quittant le parc, je longe à présent l’unique lycée agricole de Seine-Saint-Denis : l’établissement Saltus Campus, à Sevran, possède même une parcelle de terre dévolue au maraîchage. Mais la grande surprise de cette randonnée survient 300 mètres plus loin, à l’ouest de la rue du Souci et de l’avenue Paul-Lafargue. Nommée plaine de Montceleux, une vaste friche témoigne du caractère éminemment rural du 9-3 d’avant les Trente Glorieuses. Cette parcelle de 32 hectares (soit autant de terrains de football) doit sa survie à l’abandon d’un projet d’autoroute imaginé dans les années 1970. Désormais, la ville de Sevran ambitionne d’y créer un parc naturel et agricole que se partageraient une école, des logements, un terrain maraîcher et un jardin (livraison prévue dans deux à quatre ans). Pour l’heure, les travaux de terrassement ont pris un peu de retard, et, sous un ciel bas empli de nuages, le terrain vague me fait penser à un paysage hollandais du Siècle d’or… Trêve d’emportement romantique, le franchissement des six voies de la Francilienne me ramène à la bruyante réalité. À lire aussi : Six balades en plein air pour profiter de la Seine Saint-Denis La nature replante ses sardines un peu plus loin, dans le magnifique et trop méconnu parc départemental du Sausset (sur les communes de Villepinte et d’Aulnay-sous-Bois), espace vert aménagé de 1983 à 2004 et dont la conception remonte au « croissant vert », expression en vogue sous la présidence de Giscard pour désigner la réintroduction d’un peu de nature entre les forêts de Bondy et de Montmorency. Au moment de concevoir le projet, le couple de paysagistes Claire et Michel Corajoud (1937-2014) affirmait que dans « ce paysage calme et puissant […] il ne fallait pas introduire de tumulte, la terre, prête à la méditation, ne doit pas être dérangée ». Vaste et élégant, ce jardin déplie tout un éventail de milieux : étang, bocage, lisière, forêt, prairie. Les allées, qui reprennent les tracés d’anciens chemins ruraux, parviennent même à faire oublier la gare RER de Villepinte, comme camouflée au beau milieu de ce cadre champêtre. Le parc du Sausset, à cheval sur les communes de Villepinte et d’Aulnay-sous-Bois. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris À peine sorti du parc du Sausset, j’entre à présent dans le parc Robert-Ballanger, apparu dix ans plus tôt entre les grands ensembles (toujours là) et l’usine Citroën (remplacée par un site de maintenance du Grand Paris Express). Les deux jardins sont contigus, mais le second se démarque par sa forme allongée et un sentier de crête cheminant au sommet d’une colline artificielle composée d’anciens remblais de chantiers. De là, un belvédère ouvre une fenêtre sur l’immensité urbaine, avec, au loin, les tours de la Défense et, au premier plan, les fusées du musée de l’Air et de l’Espace du Bourget. Le parc Robert-Ballanger, à Aulnay-sous-Bois. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris La fin de notre randonnée, jusqu’à la gare de Dugny, impose de bruyantes et dangereuses quatre voies. Peut-être pouvons-nous réserver cette dernière ville au départ de la prochaine étape ? Quant à moi, je préfère rétropédaler jusqu’à cette station RER au milieu du parc du Sausset. Me vient alors l’envie de fredonner un air de Charles Trenet : « […] dans ce jardin extraordinaire, loin des noirs buildings et des passages cloutés… » Avant de partirConsulter cette présentation du GR de pays de la Ceinture verte.Y allerDépart de la rando : gare de Sevran-Livry (93), RER B. Arrivée : gare de Dugny-La Courneuve (93), T11.19 kilomètres, 4h40.VisiterLe musée de l’Air et de l’Espace, une fantastique collection d’objets volants dans une aérogare classée monument historique. 3, esplanade de l’Air et de l’Espace, 93 Le Bourget. Du mardi au dimanche, 10h-18h. 0-17 €.MangerDa Nonna Italia. 56, av. de la Division-Leclerc, 93 Le Bourget (devant la mairie). 01 48 58 28 64. Accueil souriant, pâtes, pizzas ou hamburgers à partir de 9 €. Première étape De Vaucresson à Petit-Jouy – Les Loges Deuxième étape De Petit-Jouy–Les Loges à Palaiseau-Villebon Troisième étape De Palaiseau-Villebon à Épinay-sur-Orge Quatrième étape D’Épinay-sur-Orge à Ris-Orangis Cinquième étape De Ris-Orangis à Boussy-Saint-Antoine Sixième étape De Boussy-Saint-Antoine à Boissy-Saint-Léger Septième étape De Boissy-Saint-Léger à Émerainville–Pontault-Combault Huitième étape D’Émerainville-Pontault-Combault à Chelles-Gournay Neuvième étape De Chelles-Gournay à Sevran-Livry Restos & Loisirs Ile-de-France Randonnées Balades Vélo Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus