Infatigables, nos journalistes ont accompli la moitié du tour de la petite couronne. Résumé de cet épisode : le parc de La Courneuve, la cité-jardin de Stains, une ferme, une barquette de framboises et le chant du coq. Bienvenue en Seine-Saint-Denis ! Le parc Georges-Valbon, plus connu sous le nom de parc de La Courneuve, présente une incroyable variété de paysages : forêts, lacs, cascades, roseraie… Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Par Anne-Laure Lemancel Publié le 22 août 2026 à 08h30 Par quatre fois, j’entendrai le coq chanter, dans des endroits saugrenus, au creux des cités ou dans d’épaisses zones urbaines. Un fil rouge le long de cette étape 11, tel un rappel des dessous champêtres du 9-3. La station de tramway Dugny-La Courneuve, déjà, semble être posée en rase campagne. Dommage, c’est une illusion ! La ville me rattrape à grands pas, avec ses barres d’immeubles, ses artères au trafic infernal. Là, pourtant, sur les talus, fragiles bulles d’espoir, des coquelicots font de la résistance. Après la grand-place « villageoise » de Dugny, avec son café de la Poste, me voici enfin en immersion, ravie, dans le plus grand parc d’Île-de-France (410 hectares) : Georges-Valbon, dit parc de La Courneuve, aménagé en 1970 sur d’anciennes terres maraîchères et des bidonvilles. Si ce poumon vert fait resurgir des souvenirs mémorables de musiques et d’idées (lors des fêtes de l’Huma qui s’y déroulèrent jusqu’en 2021) et les frissons sportifs des jeux Olympiques de Paris 2024, je le redécouvre, émerveillée, en version naturelle. Des œuvres d’art géantes Quel régal de déambuler dans la variété stupéfiante de ses paysages vallonnés (bouts de forêts, collines, chaîne de « lacs supérieurs », roseraie, cascade, pâturages de biquettes), façonnés grâce aux remblais des Halles et de l’A86. Un paradis artificiel où s’épanouissent aujourd’hui une faune (cent quarante espèces d’oiseaux) et une flore remarquables, ainsi que des œuvres d’art géantes, signées Pierre Zvenigorodsky (1938-2023), telles ces cent soixante colonnes du pont Iris, qui dissimulent un RER à pleine vitesse, ou cette rigolote passerelle colorée, baptisée Kukalam. Le pont Iris, dans le parc de La Courneuve, est orné d’une soixantaine de colonnes, œuvres de l’artiste Pierre Zvenigorodsky. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Sortie Stains. Après un passage urbain éprouvant, la ville retrouve sa splendeur via une époustouflante cité-jardin, aux atours coquets et pittoresques, avec ses briques, mosaïques, émaux, ses balcons, loggias : une utopie architecturale (1921-1933) réalisée pour loger dans la beauté les ouvriers, à l’intérieur de mille six cent quarante habitations, dont quatre cent soixante-douze pavillons. Dans ce plan en toile d’araignée, organisé autour d’une place centrale avec des commerces et l’espace culturel Paul-Éluard, les jardins ne sauraient être un supplément d’âme, ni un décor : ils sont le cœur même d’une vie digne. En affrontant la densité urbaine complexe de ce coin de Seine-Saint-Denis, force est de constater que certains architectes auraient des leçons à tirer de ces cités-jardins du début du XXᵉ siècle ! La cité-jardin de Stains fut conçue dans l’entre-deux-guerres par les architectes Eugène Gonnot et Georges Albenque. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Heureusement, comme un îlot, surgit la ferme des Possibles, avec ses poneys, sa bergerie et ses cultures fruitières et maraîchères, entretenues par des personnes en insertion professionnelle. De quoi repartir avec une barquette de framboises, avant d’entamer l’ascension vers la butte Pinson, par des sentes verdoyantes. Ici, Antonio le jardinier, qui vend fruits et légumes aux passants, me raconte la vie végétale de son havre gourmand, les vertus gustatives de ses poivrons, courgettes, concombres, figues, pêches, mirabelles, l’existence de ses six poules et de son coq. La ferme des Possibles, à Stains, comprend un enclos avec des poneys, une bergerie, ainsi que des cultures maraîchères et fruitières. Photo Léa Crespi pour Télérama Paris Et me voici à tutoyer le ciel, pleine vue sur Paris, du haut de cette petite sœur de la butte Montmartre, qui bruisse encore des flonflons de ses guinguettes disparues, un promontoire dont les coteaux ont vu se succéder meuniers, vignerons, maraîchers et carriers… Y plane aussi le souvenir de son illustre résident, le peintre Maurice Utrillo (1883-1955), avec sa mère Suzanne Valadon (1865-1938). Dans la descente, je croise encore de multiples jardins ouvriers. Comme autant d’édens de poche — avant un tronçon bitumé jusqu’au RER de Groslay — qui rendent la vi(ll)e plus savoureuse. Avant de partir Consulter cette présentation du GR de pays de la Ceinture verte.Y allerDépart de la rando : gare de Dugny-La Courneuve (93), T11. Arrivée : gare de Groslay (95), ligne H.12,6 km, 3h10.VoirLa ferme des Possibles, avec produits en vente au café des Possibles, 31, rue d’Amiens, 93 Stains. 01 86 22 93 00.Le parcours Maurice Utrillo, promenade didactique, jalonnée de panneaux, sur la butte Pinson, au cœur des paysages que l’artiste a représentés.Se rafraîchirCentre aquatique Claire-Supiot, 11, av. Maurice-Utrillo, 93 Pierrefitte-sur-Seine. 01 55 93 81 22. Heures d’ouverture variables selon la période de l’année, consulter les horaires ici. 2,50-4,70 €.MangerCafé de la Poste, brasserie généreuse et conviviale, 19, rue Georges-Guynemer, 93 Dugny. 01 82 02 35 89. Du lundi au dimanche 8h-21h. Restauration le midi du lundi au vendredi. 10-20 €.L’Alcazar, restaurant gastronomique marocain, fabuleuses boulettes, 10, place Marcel-Pointet, 93 Stains. 09 82 56 80 78. Du lundi au samedi 12h-14h30 et 19h30-23h, dimanche 19h30-23h. 10-20 €. Retrouvez toutes les étapes de la Ceinture verte d’Île-de-France à pied ici. Restos & Loisirs Paris Ile-de-France Balades Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
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