Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Société Société Société Tribune Sacha Benhamou Consultant Après le vote en faveur de textes sécuritaires par plusieurs partis se réclamant du libéralisme, Sacha Benhamou, du think tank Génération libre, rappelle, dans une tribune au « Monde », que l’Etat est censé assurer la sécurité sans outrepasser les droits qu’il a pour fonction de garantir. Publié aujourd’hui à 10h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés A en croire les discours qui fleurissent à droite, le libéralisme serait redevenu à la mode. On ne compte plus les responsables politiques qui invoquent la liberté d’entreprendre, promettent de réduire les dépenses publiques ou découvrent soudain les vertus du marché. Mais où sont donc passés ces nouveaux libéraux lorsqu’il s’agit de défendre les libertés individuelles ? Avec « Chat control », l’Union européenne autorise l’analyse des communications privées non chiffrées afin d’y détecter des contenus pédocriminels. [Dans ce but, le 9 juillet, le Parlement européen a adopté une dérogation temporaire aux règles de confidentialité qui permet aux plateformes de scanner certaines communications.] L’objectif est évidemment légitime. Le moyen choisi ne l’est pas. Car derrière la lutte contre les crimes les plus odieux s’installe un principe redoutable : celui d’une surveillance indifférenciée de conversations privées, sans soupçon préalable ni contrôle judiciaire individualisé. Les partis de centre droit et de droite, de Renaissance aux Républicains, ont voté en faveur de ce texte sécuritaire. En France, le silence des candidats à l’élection présidentielle convertis au libéralisme est assourdissant. Où sont ceux qui rivalisent de propositions pour réduire les impôts, mais ne trouvent rien à redire lorsque la confidentialité de nos échanges est sacrifiée ? Quel conseilleur de ces nouveaux ravis du libéralisme économique a seulement jugé utile de porter ce sujet à leur agenda ? « Chat control » n’est d’ailleurs pas un accident isolé. En France, la vidéosurveillance algorithmique devait être exceptionnelle et temporaire, réservée aux Jeux olympiques de Paris 2024. Le projet de loi Ripost, adopté le 21 juillet, entend désormais l’installer durablement dans notre droit. En commission, la gauche avait réussi à faire supprimer la mesure, qui a été rétablie en séance par le centre, la droite et l’extrême droite. Là encore, le débat sur la proportionnalité des atteintes aux libertés a été étouffé par une formule devenue automatique : « La sécurité est la première des libertés. » Il vous reste 61.59% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.