Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Droite Droite Droite Tribune Nedjib Sidi Moussa Essayiste L’examen du travail parlementaire de Bruno Retailleau, élu au Sénat depuis près de vingt-deux ans, révèle les obsessions de la droite réactionnaire, estime l’essayiste Nedjib Sidi Moussa, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés L’adoption, par le Sénat, de la proposition de loi visant à lutter contre l’« entrisme islamiste » en France constitue une victoire symbolique pour Bruno Retailleau. S’il est possible d’interpréter cette démarche à l’aune de la rivalité entre le candidat Les Républicains (LR) et le gouvernement, il convient toutefois de mettre en perspective le vote du 5 mai afin d’en saisir toute la portée. Car il s’agit bel et bien d’une étape de plus dans la mise en œuvre d’un projet national-sécuritaire. Par-delà les problèmes contenus dans la proposition initiale, le texte du sénateur de Vendée et l’exposé des motifs donnent à lire un concentré des obsessions de la droite réactionnaire. Ainsi, l’« islamisme politique » est décrit comme une « menace idéologique durable et structurée », tandis que les « jeunes musulmans » sont accusés de placer « les prescriptions religieuses au-dessus des lois de la République ». Pour appuyer son argumentaire alarmiste, Bruno Retailleau cite l’étude réalisée en 2025 par l’institut de sondage IFOP pour Ecran de veille, une publication qui a fait de la dénonciation des Frères musulmans son cheval de bataille. Le sénateur mentionne le rapport « Frères musulmans et islamisme politique en France », rendu public en mai 2025 – alors qu’il était ministre de l’Intérieur –, et dont les spécialistes ont souligné le caractère confus. Mais cette loi n’est qu’un exemple de l’activisme des conservateurs français, au diapason de leurs homologues internationaux. L’examen du travail parlementaire de Bruno Retailleau, élu au Sénat depuis bientôt vingt-deux ans, illustre le basculement opéré à la suite des attentats de 2015 qui ont provoqué le déchaînement des « guerres culturelles » menées par une droite radicalisée, sur fond de soupçon antimusulman et de stigmatisation des immigrés. En effet, les nombreuses propositions de loi ou de résolution dont Bruno Retailleau est l’auteur, ainsi que celles cosignées au cours de ses mandats, en disent long sur sa vision de la société. Il vous reste 67.18% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« La proposition de loi contre l’entrisme islamiste est une étape de plus dans la mise en œuvre d’un projet national-sécuritaire »
TRIBUNE. L’examen du travail parlementaire de Bruno Retailleau, élu au Sénat depuis près de vingt-deux ans, révèle les obsessions de la droite réactionnaire, estime l’essayiste Nedjib Sidi Moussa, dans une tribune au « Monde ».









