Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Justice Justice Justice Dans son essai « Corruptions. L’effondrement de l’Etat de droit », l’avocat Jérôme Karsenti montre que les libertés fondamentales sont peu à peu affaiblies au profit d’une logique sécuritaire. Article réservé aux abonnés Livre. La corruption, Jérôme Karsenti, l’un des avocats de l’association Anticor, l’a longuement dénoncée, analysée, combattue. La corruption, c’est étymologiquement une décomposition, un pourrissement, et elle ne se limite pas aux affaires politiques. Elle représente d’abord la dégradation progressive de ce qui faisait tenir l’Etat de droit. Dans son ouvrage Corruptions, l’effondrement de l’Etat de droit (Autrement, 416 pages, 22 euros), Mᵉ Karsenti montre de manière saisissante les mille petits reculs de notre démocratie, et constate « la facilité avec laquelle le droit consent à se plier ». L’Etat de droit, en France, n’a pas disparu, mais « il est reconfiguré de l’intérieur, vidé de sa fonction de contre-pouvoir ». L’avocat démontre parfaitement comment, en définitive, « la loi a corrompu le droit ». L’Etat de droit ne consiste pas en un simple empilement de règles ; il n’est pas « un luxe procédural, il est la condition même de la liberté ». Il garantit que les libertés fondamentales ne dépendent ni de l’air du temps ni de l’émotion collective du moment, avec quelques principes simples : le respect de la hiérarchie des normes, la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice et la protection des minorités contre l’arbitraire de la majorité. C’est « un équilibre fragile, patiemment construit, qui repose sur une idée simple et redoutable : le pouvoir politique n’est légitime que s’il accepte d’être limité », écrit l’avocat. Il vous reste 74.11% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.