Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Société Société Société Dans leur ouvrage « La Violence au nom de la loi », les politistes Shoshana Fine et Thomas Lindemann mettent au jour les contradictions de nos sociétés, incapables de faire coïncider durablement la règle et la conscience. Article réservé aux abonnés Livre. Qu’y a-t-il de commun entre la guerre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord en Libye, en 2011, et la mort de 27 migrants dans la Manche, le 24 novembre 2021 ? A priori, pas grand-chose, si ce n’est que la France est un acteur-clé dans les deux cas. Mais, à y regarder de plus près, plusieurs paramètres relient ces deux événements internationaux, décrivent les politistes Shoshana Fine et Thomas Lindemann dans leur dernier ouvrage, La Violence au nom de la loi : le recours au droit, l’usage de la violence, la gestion des émotions, le statut de non-citoyens des cibles des autorités françaises – migrants illégaux d’un côté ; combattants armés ou civils, pro ou anti-Kadhafi, de l’autre. Dans le cas des migrants, les individus précarisés sont réduits à leur statut d’illégaux, l’empathie n’a pas lieu d’être, la légalité l’emporte sur la moralité. Dans le cas de l’opération militaire à Tripoli, l’intervention se justifie par la responsabilité de protéger les civils, l’émotion prime, moralité et légalité riment. Cette différence doctrinale entre moralité et légalité est au cœur de cet ouvrage, qui pèche un peu par sa complexité, mais qui ouvre des pans entiers de réflexion sur les contradictions de nos sociétés, incapables de faire coïncider durablement la règle et la conscience, la norme et le jugement. Se fonder sur ces deux exemples invite, en effet, le lecteur à entrer davantage dans la nuance. L’exercice n’est pas toujours évident, mais il mérite d’être surmonté tant l’itinéraire intellectuel que les deux universitaires proposent vaut le détour. Il vous reste 52.16% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Quand le recours à la force se fait au nom du droit
Dans leur ouvrage « La Violence au nom de la loi », les politistes Shoshana Fine et Thomas Lindemann mettent au jour les contradictions de nos sociétés, incapables de faire coïncider durablement la règle et la conscience.






