Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Police et justice Police et justice Police et justice Dans l’essai « Surveiller et ficher », Yoann Nabat, maître de conférences en droit, souligne les dérives juridiques, technologiques et philosophiques de la massification des données sécuritaires, basées sur la seule présomption. Article réservé aux abonnés Livre. Derrière leurs acronymes impénétrables, ils recensent empreintes génétiques, données biométriques, condamnations pénales et, désormais, de simples soupçons. Les fichiers policiers et judiciaires posent-ils davantage de problèmes qu’ils ne contribuent à en résoudre ? Oui, à en croire Yoann Nabat, juriste et auteur de Surveiller et ficher, en écho assumé au Surveiller et punir de Michel Foucault (Gallimard, 1975). Lente maturation d’un processus visant à assujettir l’individu à un contrôle sans cesse plus étroit, le « solutionnisme technologique » par le fichage, rappelle utilement l’auteur, constitue la tentation la mieux partagée par tous les gouvernements, quelle que soit leur couleur politique. Au début du XXe siècle, c’est ainsi la gauche, avec le concours du Grand Orient de France, qui décida du recensement clandestin des militaires monarchistes ou présumés tels pour les priver d’avancement ou de décorations au seul profit des officiers jugés suffisamment « républicains ». Depuis, le volume de données collectées ne cesse de croître, et leurs usages de s’étendre. D’abord fondée sur des éléments au moins en partie objectifs – les condamnations pénales dont certains individus faisaient l’objet, par exemple –, cette entreprise de massification de la donnée a progressivement dérivé vers la prise en compte de notions telles que la « dangerosité », comme l’illustre la finalité de certains fichiers fort peu connus du grand public : recenser les « personnes susceptibles d’être impliquées dans des actions de violence collective ». Il vous reste 50.46% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Quand le fichage policier et judiciaire donne l’illusion du contrôle
Dans l’essai « Surveiller et ficher », Yoann Nabat, maître de conférences en droit, souligne les dérives juridiques, technologiques et philosophiques de la massification des données sécuritaires, basées sur la seule présomption.









