Par Florian Reynaud et Gabriel Thierry Publié aujourd’hui à 06h30 Article réservé aux abonnés Enquête« Données personnelles, la grande fuite » (8/9). Loin des dossiers cybercriminels aux ramifications internationales, les vols de données sont bien souvent le fait d’adolescents isolés cherchant une forme de reconnaissance. Des profils particuliers auxquels la justice tente aujourd’hui d’adapter sa réponse. Il est presque 1 heure, en cette soirée de janvier, et des adolescents tuent le temps sur un petit forum de discussion. « Tu fais quoi ? » « Je bz des sites », répond un certain Breach3d. « Tu les hack ? » « Wé. » Derrière ce pseudonyme un peu vantard, qui se targue d’être « wanted » par la police, pourrait se cacher, selon les constatations du Monde, un adolescent de 15 ans vivant en Corse et interpellé le 25 avril. Il est soupçonné d’avoir revendiqué, sur un forum cybercriminel, le piratage très médiatisé de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), affirmant détenir les informations de millions de personnes. Si les piratages suivis de vols de données s’enchaînent frénétiquement, le rythme des interpellations ne faiblit pas non plus. Le 23 avril, deux jours avant l’arrestation de Breach3d, les enquêteurs de la brigade de lutte contre la cybercriminalité mettaient la main sur HexDex, un jeune Vendéen soupçonné de dizaines de piratages, dont ceux de multiples fédérations sportives. Le 12 mars, deux jeunes hommes ont été mis en examen dans le cadre de l’enquête sur l’attaque ayant abouti à la diffusion de données personnelles provenant de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Autant de procédures qui ont un point commun : contrairement au rançongiciel, généralement synonyme d’investigations internationales de longue haleine, les suspects dans les affaires de fuite de données sont bien souvent des Français. « Cela ne veut pas dire que les enquêtes sont plus faciles, mais nous arrivons à des délais d’interpellations plus courts parce que ce sont des individus présents sur le territoire national », résume le commissaire Julien Hamm, chef du pôle du renseignement cyber de l’Office anticybercriminalité. Il vous reste 76.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Derrière les fuites de données, une cyberdélinquance française, jeune et en quête d’« affirmation de soi »
« Données personnelles, la grande fuite » (8/9). Loin des dossiers cybercriminels aux ramifications internationales, les vols de données sont bien souvent le fait d’adolescents isolés cherchant une forme de reconnaissance. Des profils particuliers auxquels la justice tente aujourd’hui d’adapter sa réponse.















