Qui aurait cru que suer à grosses gouttes dans un sauna avant de plonger dans un bain glacé rallierait un nombre croissant d’adeptes ? Soixante ans après l’ouverture du premier spa au Québec, on ne peut plus parler d’un simple effet de mode. L’industrie du spa a plus que jamais le vent dans les voiles, portée par une quête de mieux-être qui s’est accélérée depuis la pandémie. Deuxième texte d’une série de trois : portrait d’un secteur en expansion, devenu un moteur du tourisme.
Longtemps perçue comme un luxe réservé aux grandes occasions, l’expérience thermale est de plus en plus courue au Québec. Les établissements se multiplient, les investissements s’accélèrent et les visiteurs sont plus nombreux que jamais. Plus qu’une activité de détente, le spa est devenu un motif de voyage à part entière, stimulant l’activité touristique à travers la province.« Le secteur va bien, même très bien. On s’est questionné pendant la pandémie, mais dès qu’on a pu rouvrir, c’est reparti en lion. Depuis, on sent une croissance constante », se réjouit Véronyque Tremblay, présidente-directrice générale de l’Association québécoise des spas (AQS).Il y a 20 ans, exploiter un spa relevait presque du pari audacieux. Le Québec compte pourtant près de 130 établissements aujourd’hui répartis dans 17 régions. De nouveaux établissements voient le jour, d’autres investissent massivement pour accroître leur capacité.Parmi eux, le spa flottant Bota Bota, dans le Vieux-Montréal, qui accueille ces jours-ci un second navire au coût de 20 millions de dollars. Le Balnea, lui, a investi pas moins de 15 millions dans l’agrandissement de ses installations thermales et de son hôtel. À Saint-Sauveur, le Strøm Spa nordique a aussi entamé des travaux d’envergure pour doubler sa capacité d’accueil d’ici l’hiver prochain.Si l’offre augmente autant, c’est que la demande a explosé. Entre 2021 et 2025, l’achalandage moyen des spas a bondi de 54 %, atteignant près de 46 000 visites annuelles par établissement, selon une récente étude de l’AQS réalisée avec Raymond Chabot Grant Thornton et financée par le ministère du Tourisme du Québec.À Bromont, le Balnea connaît par exemple une hausse annuelle de fréquentation de 15 % depuis deux ans, 2025 ayant enregistré des records d’entrées. « Je pense que la pandémie nous a aidés. Avant, c’était un luxe d’aller au spa ; maintenant les gens voient ça comme une activité pour prendre soin de leur santé physique et mentale », croit Hugo Martin-Bonneville, directeur du marketing et des communications de l’établissement.









