Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement International International International Lettres de Lettres de Lettres de Une union sacrée avait suivi la tentative de militaires de renverser le régime de Recep Tayyip Erdogan, mais l’événement a marqué le début d’une répression accrue et d’une restriction des libertés dans le pays. Article réservé aux abonnés LETTRE D’ISTANBUL Le 15 juillet 2016 vers 21 heures, flash info : des chars bloquent l’accès au pont du Bosphore qui relie les deux rives d’Istanbul ; le Parlement turc est bombardé par des avions de chasse ; le président Recep Tayyip Erdogan demeure introuvable. Très vite, la rumeur d’un coup d’Etat se confirme et la présentatrice du JT de la chaîne publique TRT annonce, sous la contrainte, que l’armée a pris le contrôle du pays. C’est l’effroi et la stupeur. Après les coups d’Etat militaires de 1960, 1971 et surtout de 1980, où plus de 500 personnes avaient été condamnées à mort, on pensait que l’armée avait renoncé à ses vieux réflexes. On s’était trompé. Au terme de violentes échauffourées et à l’appel à la mobilisation lancé, vers 1 heure du matin, par le chef de l’Etat avec l’application Facetime depuis son lieu de vacances, le putsch vire au fiasco. Le bilan officiel est de 251 morts et plus de 2 000 blessés. Dix ans ont passé, jour pour jour, et le pays s’apprête à commémorer cette date traumatique qui a tout bouleversé. Le président dira lui-même, dès le lendemain matin, le 16 juillet 2016 : ce coup est « un don de Dieu », car il va permettre, dit-il, de « purifier l’armée » et « nettoyer » les institutions de ses ennemis. La formule a le mérite de la franchise. Elle résume à elle seule comment le président turc entend tirer le maximum de profit politique des événements, en utilisant le coup manqué comme prétexte à une purge massive et systématique de tous ses opposants réels ou supposés au sein de l’Etat. Il vous reste 74.98% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.