Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement International International International Turquie Turquie Turquie Le président turc avait pris, vendredi, un décret mettant fin à l’université Bilgi à Istanbul, une institution libérale réputée pour l’enseignement des sciences sociales. Dimanche, le CHP, parti du maire d’Istanbul emprisonné, a été la cible d’une descente de la police venue chercher ses dirigeants, destitués par la justice. Article réservé aux abonnés Le théâtre de la politique turque prêterait à l’ironie si la situation n’était aussi grave. Il y a eu d’abord le premier ordre, tombé à minuit pile, vendredi 22 mai, après une journée déjà sous haute tension, marquée par la décision d’un tribunal d’Ankara de démettre l’ensemble de la direction de la principale formation d’opposition, le CHP, le Parti républicain du peuple. Dans un décret signé de sa main et publié au Journal officiel, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, y prononçait la fermeture de l’université Bilgi à Istanbul, un établissement privé, réputé pour ses enseignements en sciences sociales et sa liberté de ton, fondé en 1996 par un collectif de professeurs poursuivis par le régime militaire du coup d’Etat de 1980. Sa décision de « révoquer l’autorisation d’exploitation de l’établissement » tenait en une phrase sèche, vingt mots, sans aucune explication. Elle renvoyait uniquement à un article de loi qui rappelait le pouvoir discrétionnaire en la matière du chef de l’Etat. Et puis, volte-face. Dimanche soir, toujours à minuit, quelques heures à peine après que des centaines de policiers antiémeutes avaient pris d’assaut, à Ankara, le siège du CHP pour en déloger ses dirigeants, le chef de l’Etat annonçait par un nouveau décret l’annulation du précédent. Comprendre : la réouverture de l’université Bilgi. Il vous reste 82.21% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.