Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Recep Tayyip Erdogan Recep Tayyip Erdogan Recep Tayyip Erdogan Tribune Ahmet Insel Politiste Le président turc entreprend de réorganiser l’opposition à sa guise, révélant qu’il est en train de transformer le régime en une autocratie plébiscitaire avec des partis d’opposition dociles, explique le chercheur dans une tribune au « Monde ». Et face à cette transformation, écrit-il, « les alliés occidentaux, notamment européens, ferment les yeux ». Publié aujourd’hui à 06h30 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Après avoir mis sous son contrôle direct tout l’appareil de l’Etat, l’armée, la justice, les universités, les médias publics et une grande partie des médias privés et des grands groupes économiques, Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir en Turquie depuis vingt-trois ans, a entrepris désormais de réorganiser l’opposition à sa guise, notamment la direction du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP). Depuis l’automne 2024, la justice pénale, sous les ordres du régime autocratique du « président-chef », met en détention, jour après jour, les maires élus du CHP, notamment Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul et candidat susceptible de gagner haut la main la future élection présidentielle. Vingt-neuf maires, tous élus sous étiquette CHP, sont destitués par le ministère de l’intérieur et, à quelques exceptions près, tous inculpés sur la base de dénonciations de corruption et malversations qui semblent être téléguidées. Ils sont toujours en détention ainsi que des centaines de cadres municipaux. Pour échapper à ce sort, quelques maires élus sous l’étiquette CHP ont préféré adhérer au parti au pouvoir du président-chef. La deuxième étape de cette opération fut l’annulation, en mai, par une cour d’appel régionale, d’un congrès du CHP de 2023 qui avait porté au pouvoir Özgür Özel contre Kemal Kiliçdaroglu − ce dernier venant de perdre l’élection présidentielle de juin 2023. La cour d’appel l’a renommé président du CHP ! La Constitution turque attribue pourtant la compétence pour le contrôle de la légalité des élections au sein des partis politiques non pas aux tribunaux mais au Haut Comité électoral, la plus haute institution judiciaire en la matière, qui avait dûment validé la régularité de ce congrès du CHP. Règne de l’arbitraire Depuis 2016, avec la mise en place du régime d’état d’exception et, à sa suite, du régime présidentiel, les règles de droit sont devenues malléables et soumises aux desiderata du pouvoir. Les tribunaux ou la Cour de cassation refusent par exemple d’appliquer les décisions de la Cour constitutionnelle et celles de la Cour européenne des droits de l’homme, selon l’humeur du palais présidentiel. Il vous reste 65.95% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Ahmet Insel, politiste : « Le régime d’Erdogan se dirige à grande vitesse vers un poutinisme aux couleurs de la Turquie »
TRIBUNE. Le président turc entreprend de réorganiser l’opposition à sa guise, révélant qu’il est en train de transformer le régime en une autocratie plébiscitaire avec des partis d’opposition dociles, explique le chercheur dans une tribune au « Monde ». Et face à cette transformation, écrit-il, « les alliés occidentaux, notamment européens, ferment les yeux ».










