Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Turquie Turquie Turquie Tribune Marc Pierini ancien ambassadeur de l’Union européenne en Turquie Octroyer à Recep Tayyip Erdogan un rôle central dans l’architecture européenne de sécurité reviendrait à atteler la défense du continent à un chef d’Etat qui, à l’unisson de ses partenaires au Kremlin et à la Maison Blanche, renie l’Etat de droit, estime Marc Pierini, ancien ambassadeur de l’Union européenne en Turquie, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 15h00, modifié à 15h46 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés A l’approche du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord [OTAN], à Ankara, mardi 7 et mercredi 8 juillet, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a multiplié les déclarations sur l’indispensable participation de son pays si l’Europe souhaite construire une véritable politique de sécurité. La Turquie présente des atouts industriels certains, mais une question interpelle les dirigeants européens : un partenariat formel avec leur homologue turc est-il opportun dans le contexte géopolitique actuel ? La posture d’Ankara repose sur deux piliers : un président fort et une industrie de défense puissante. Il est vrai que la Turquie s’est dotée d’une industrie de défense innovatrice et compétitive dans nombre de segments. En parallèle, le président Erdogan, en difficulté sur le plan intérieur, prend soin de faire valoir les accords entre firmes turques et européennes pour s’imposer dans la future architecture de sécurité de l’Europe. A l’échelle nationale, il s’agit pour lui de masquer ses déboires électoraux, économiques et sociétaux, de flatter les penchants nationalistes de nombreux électeurs, et de s’imposer comme la figure tutélaire de la Turquie dans un monde en plein bouleversement. A l’échelle internationale, il s’agit de réduire au silence ses partenaires extérieurs à propos de sa méthode de gouvernance. La réaction des dirigeants européens est confuse. Nombre d’entre eux, soucieux de parer au plus pressé sans mesurer les conséquences à long terme, semblent épouser les paroles du président turc en vue de renforcer rapidement leurs armées. Le Royaume-Uni, quant à lui, construit un partenariat stratégique avec la Turquie. Positions ambivalentes Il existe, dans le secteur de la défense, des raisons de coopérer avec la Turquie, qui est membre de l’OTAN depuis 1952 et participe régulièrement aux exercices de l’Alliance atlantique. Son industrie de défense expose désormais dans les salons spécialisés une gamme étendue de matériels : munitions, artillerie, véhicules blindés, drones aériens et navals, systèmes de missiles de courte et moyenne portée, avion d’entraînement, avion sans pilote et navires de guerre. L’efficacité des drones turcs dans certains théâtres de combat (guerre entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, conflit en Ukraine) et les accords industriels ou commerciaux en matière de défense (avec l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie, la Pologne, la Roumanie et le Royaume-Uni) sont les illustrations les plus visibles de l’atout turc. Il vous reste 61.59% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Marc Pierini, diplomate : « Le président turc entend monnayer son appui sécuritaire à l’Europe »
TRIBUNE. Octroyer à Recep Tayyip Erdogan un rôle central dans l’architecture européenne de sécurité reviendrait à atteler la défense du continent à un chef d’Etat qui, à l’unisson de ses partenaires au Kremlin et à la Maison Blanche, renie l’Etat de droit, estime Marc Pierini, ancien ambassadeur de l’Union européenne en Turquie, dans une tribune au « Monde ».














