MondeTurquieGéopolitique. Le conflit menace les intérêts de la Turquie, mais elle augmente aussi sa valeur aux yeux de l'Europe. L'UE ménage le président turc, malgré le procès hautement politique du maire d'Istanbul, sans principal opposant. Par Zafer Sivrikaya (Istanbul)Publié le 12/03/2026 à 12:00bookmarkLe président turc Recep Tayyip Erdoğan prononce un discours lors de l'inauguration des résidences universitaires pour garçons et filles à l'université de Bogazici, à Istanbul, en Turquie, le 13 février 2026.REUTERSLes 4 et 9 mars, deux missiles iraniens volant en direction du territoire turc étaient abattus dans les airs par les forces de l'Otan, probablement en route vers des bases américaines du sud du pays, ou vers le terminal de l'oléoduc stratégique acheminant le pétrole azéri en Méditerranée. Le leader islamo-nationaliste turc, Recep Tayyip Erdogan, est bien mal payé de ses efforts envers Téhéran. Après avoir soutenu sur le plan diplomatique les massacres des manifestants iraniens protestants contre le régime des mollahs en janvier, il avait tenté d'user de son influence sur Donald Trump pour éviter une guerre contre l'Iran. Il craignait en effet qu'elle ne déstabilise son économie et renforce les Kurdes iraniens. Pour autant, si elle comporte de nombreux risques, la guerre israélo-américaine en Iran et la déstabilisation de la région peuvent en partie jouer en faveur du leader turc, comme cela a été le cas avec la guerre en Syrie. A l'occasion du conflit syrien - qui s'est achevé au profit des islamistes, plutôt proches d'Ankara -, la Turquie a joué un rôle central dans la gestion des réfugiés fuyant les combats. Profitant de la situation, elle avait négocié, pour les garder sur son sol, des compensations économiques et politiques avec les Européens. La guerre en Ukraine, ensuite, a encore souligné l'importance stratégique de la Turquie, deuxième plus grande armée de l'Otan, riveraine de la mer Noire et gardienne du détroit du Bosphore. Le conflit en Iran, lui, vient rappeler la place toujours centrale du Moyen-Orient dans la géopolitique mondiale. Une zone où la Turquie fait désormais office de puissance régionale, d'autant plus que les coups portés à son voisin et rival iranien créent un vide qui lui permettra d'avancer encore davantage ses pions dans la région.
Iran : pourquoi la guerre renforce la position de Recep Tayyip Erdogan face à l’Europe
Le conflit menace les intérêts de la Turquie, mais elle augmente aussi sa valeur aux yeux de l'Europe. L'UE ménage le président turc, malgré le procès hautement politique du maire d'Istanbul, sans principal opposant.







