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a semaine avait pourtant bien commencé pour Recep Tayyip Erdogan. Le 12 mai, après quarante et une années de guerre et plusieurs cycles de négociations lancés par son gouvernement, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé organisation terroriste en Turquie, a annoncé sa dissolution depuis sa base arrière, dans les monts Qandil, au nord de l’Irak. Le Pakistan, de son côté, a remercié Ankara pour ses efforts de médiation dans sa crise avec l’Inde. Et, le lendemain soir, les présidents américain, Donald Trump, et syrien, Ahmed Al-Charaa, ainsi que le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman, tous trois réunis à Riyad, ont ressenti le besoin d’appeler leur ami commun à Ankara.

L’occupant de la Maison Blanche venait de lever les sanctions américaines contre la Syrie. Une décision attendue par le nouvel homme fort de Damas ainsi que par le pouvoir turc, en raison de sa proximité avec son voisin, de ses appétits économiques, mais aussi de son souhait de résorber l’épineuse question migratoire. Il se dit même qu’en plus des hommes d’affaires américains, M. Erdogan lui-même aurait persuadé M. Trump d’agir en ce sens. La presse turque progouvernementale a immédiatement diffusé la photo sur laquelle les trois dirigeants, assis autour d’une « pieuvre » téléphonique, échangeaient avec le palais d’Ankara. De quoi conforter la stature du président, le « dünya lideri », le leader mondial, comme le surnomment ses partisans.