Des manifestants demandent la libération d’Ekrem Imamoglu, à Istanbul, le 3 septembre 2025. OZAN KOSE/AFP

L’un des détenus les plus célèbres de Turquie est un habitué des estrades et des campagnes électorales. Après avoir été arrêté et incarcéré en mars, Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul et rival de premier plan du président Erdogan, doit être jugé à partir du vendredi 12 septembre, accusé d’avoir falsifié un diplôme universitaire. L’affaire dépasse largement le cadre de ces poursuites et pourrait être lourde de conséquences sur l’avenir politique du pays.

Qui est Ekrem Imamoglu ?

Agé de 55 ans, Ekrem Imamoglu est né en 1970 à Akçaabat, une ville du nord-est de la Turquie au bord de la mer Noire, dans un milieu traditionnel et conservateur. Son père est un entrepreneur du bâtiment et sa mère travaille la terre, tandis que son grand-père a combattu pendant la guerre d’indépendance (1919-1922) aux côtés de Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), qui est aujourd’hui le principal parti d’opposition du pays.

En 2014, Ekrem Imamoglu est élu maire de Beylikdüzü, un arrondissement d’Istanbul, sous les couleurs du CHP. En 2019, il devient maire de la ville de 16 millions d’habitants, qui pèse un tiers du produit intérieur brut de la Turquie, en battant l’ex-premier ministre Binali Yildirim, membre du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) et homme de confiance du président turc, Recep Tayyip Erdogan. La perte d’Istanbul, dans l’escarcelle de l’AKP pendant un quart de siècle, constitue alors un revers cuisant pour le chef de l’Etat.