Entre deux séjours en Europe, où le groupe s’est déjà bâti un auditoire, La Sécurité fait escale dans la capitale, à l’invitation du Festival d’été de Québec. Sur la belle scène de la place d’Youville, le quintette aura du nouveau à nous mettre dans les oreilles, alors qu’il interprétera pour la première fois certaines chansons du nouvel album Bingo !, paru le mois dernier et sur lequel La Sécu regarde au-delà du post-punk de ses débuts. « Le post-punk ? Je suis déjà tanné… », lance Félix Bélisle, bassiste et batteur et coréalisateur de l’album, qu’on retrouve en compagnie de la parolière, chanteuse et claviériste Éliane Viens.« Ça commence à faire longtemps que le post-punk est partout, souligne-t-il. Tous les bands sonnent pareil ». Élise : « C’est devenu une formule, on dirait. Un peu facile, comme lorsque y a eu la grosse vague normcore pendant un bout, le revival des années 1970, etc. »Au jeu des qualificatifs, Félix ne croit pas que l’étiquette colle tant au son de La Sécurité : « Nos influences vont ailleurs — Laurence-Anne [guitares, voix] est une grosse fan de Cocteau Twins, Mélissa [Di Menna, guitare, claviers, voix] et Kenny [David Smith, batterie, guitare] sont fans de Devo, moi j’aime beaucoup LCD Soundsystem, pas tant post-punk, plus dansant. Notre son est un peu l’amalgame des goûts de chacun. »Leur son est surtout véloce, constamment en mouvement, comme en témoignent les chansons de Bingo !, paru trois ans après leurs débuts sur disque, Stay Safe !. Nerveux dès Snack City en ouverture, dansant justement comme la bande à James Murphy sur la suivante, Deny, mystérieusement groovy sur Princesse, dynamique sur Nah Nah, chantée celle-là par Laurence-Anne. L’arborescence rock de La Sécurité s’étend, ça s’entend.Improvisation et spontanéitéAutour de la table, Félix, qui porte son chapeau de réalisateur, décortique les sons des instruments sur différentes chansons (« Les tons de guitare des filles, ça sonne zéro comme du post-punk ! », dit-il avec insistance), parle de pédales d’effets et de formes d’ondes sonores. Éliane, pour sa part, s’intéresse à une autre facette de son métier à travers la lecture de biographies de chorégraphes.
Le punk des uns est la pop des autres
Le quintette montréalais présentera à la place D’Youville les chansons de son nouvel album «Bingo!».








