Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Énergies fossiles Énergies fossiles Énergies fossiles Tribune Matthias Petel Juriste Juan Camilo Rivera-Rugeles Juriste La Colombie illustre un dilemme central des pays du Sud : devoir s’affranchir des énergies fossiles tout en en tirant l’essentiel de ses ressources publiques, expliquent les juristes Matthias Petel et Juan Camilo Rivera-Rugeles dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 15h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le premier gouvernement de gauche de l’histoire de la Colombie s’apprête à céder la place à un pouvoir d’extrême droite. Avec cette alternance, la politique climatique impulsée par Gustavo Petro, qui avait placé le pays au premier plan des débats internationaux sur la transition énergétique, devrait connaître un revirement brutal. Quatre ans d’expérimentation en faveur d’une transition juste hors des énergies fossiles s’achèvent, une séquence qui aura suscité autant d’espoirs que d’oppositions. Abelardo de la Espriella a battu le candidat soutenu par Petro, Ivan Cepeda, et a promis de placer le pays sur une trajectoire radicalement différente de celle tracée par Petro. Le candidat proche de la galaxie trumpiste n’a guère eu besoin de détailler son programme, longtemps réduit à un décalogue de trois pages. Il aura surtout capitalisé sur une campagne centrée sur les réseaux sociaux, mêlant symboles patriotiques et attaques virulentes contre la gauche, qu’il s’est engagé à « démanteler ». Sur le fond, une orientation se détache clairement : la relance de l’exploitation pétrolière, y compris par fracturation hydraulique. Un revirement complet par rapport à la politique de Petro, qui avait promu une économie post-extractiviste. Il s’était notamment engagé à mettre fin à toute nouvelle exploration pour les combustibles fossiles, à abandonner les projets pilotes de fracturation hydraulique et à interdire le développement de ressources pétrolières non conventionnelles. Une promesse qu’il a tenue une fois au pouvoir. Il rompait ainsi avec le « pétro-nationalisme » latino-américain, défendu aussi bien à droite qu’à gauche, qui mise sur l’exploitation des ressources naturelles pour financer les politiques sociales. Petro cherchait à tracer la voie d’un « socialisme sans pétrole » qu’il qualifiait d’« économie de la vie ». La chute de la gauche en Colombie marque la fin de cette expérience. Sur la scène internationale, la Colombie s’était également imposée comme un acteur moteur de la sortie des énergies fossiles, une première pour un Etat producteur de ces matières. Le pays avait notamment organisé la première conférence internationale sur la transition juste hors des combustibles fossiles au mois d’avril, afin de dépasser les blocages des négociations climatiques dans le cadre onusien. Il vous reste 55.52% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« La chute de la gauche en Colombie marque la fin du laboratoire de “l’économie de la vie” »
TRIBUNE. La Colombie illustre un dilemme central des pays du Sud : devoir s’affranchir des énergies fossiles tout en en tirant l’essentiel de ses ressources publiques, expliquent les juristes Matthias Petel et Juan Camilo Rivera-Rugeles dans une tribune au « Monde ».






