Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Réchauffement climatique Réchauffement climatique Réchauffement climatique Tribune Steve Hagimont Historien Jean-Michel Hupé Chercheur en écologie politique Laure Teulières Historienne Le rejet de l’écologie est désormais promu par des gouvernements élus démocratiquement, autoritaires voire fascisants, et soutenus par les milieux d’affaires des énergies fossiles, déplorent trois spécialistes d’écologie politique, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés L’été 2026, en Europe, n’est pas seulement celui des canicules à répétition, des mégafeux et des sécheresses désastreuses pour l’agriculture et la biodiversité, qui confirment avec une particulière violence les alertes de longue date des scientifiques et des écologistes. Il consacre également le déchaînement des attaques contre une écologie le plus souvent fantasmée, dont les défenseurs ‒ associatifs, politiques, scientifiques, fonctionnaires, tous mélangés ‒ sont accusés d’être à l’origine des maux qu’ils annonçaient, voire de participer d’un complot des « élites » utilisant le climat pour asservir le « peuple ». Comment peut-on comprendre une telle dynamique ? Ce rejet de l’écologie reflète des tendances déjà à l’œuvre depuis les années 1980, mais il prend de l’ampleur au moins depuis la pandémie de Covid-19 et il est à présent devenu mondial. Paradoxalement, on peut y voir la conséquence de l’échec, désormais ressenti dans nos chairs, des gouvernements à enrayer le réchauffement climatique, en dépit de l’ambition affichée lors de l’accord de Paris sur le climat, signé en 2015. D’un côté, les promesses technosolutionnistes d’écologisation de l’économie n’ont jamais pu substantiellement résorber les dégâts environnementaux causés par la consommation d’énergies fossiles. Exemple emblématique, l’intelligence artificielle (IA) générative, brandie comme apportant des solutions inédites en dépit de son impact extrêmement polluant, promet en fait, et d’abord, de doper l’extraction du pétrole, du gaz et du charbon. De l’autre, les attaques contre l’écologie sont la réaction d’acteurs et de groupes d’intérêts financiers et technologiques qui baignent encore dans des rêves de puissance virile et suprémaciste. Les changements « rapides et profonds dans tous les secteurs et tous les systèmes », nécessaires pour « garantir un avenir viable et durable pour toutes et tous », selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat [GIEC], sont matériellement possibles, mais un Peter Thiel ou un Elon Musk n’en veulent pas. Il vous reste 68.21% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.