Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Énergies fossiles Énergies fossiles Énergies fossiles Tribune Philippe Le Billon Géographe Pierre Wokuri Politiste Dans une tribune au « Monde », le géographe Philippe Le Billon et le politiste Pierre Wokuri analysent les décisions adoptées par les 57 Etats réunis, les 28 et 29 avril, à la conférence internationale sur la sortie des énergies fossiles, à Santa Marta, en Colombie. Publié aujourd’hui à 15h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés La première conférence internationale sur la sortie des énergies fossiles s’est achevée, mercredi 29 avril, à Santa Marta, en Colombie. Organisée par la Colombie et les Pays-Bas, elle a réuni 57 pays, dont des Etats producteurs de pétrole comme le Brésil, le Canada, la Norvège ou le Nigeria, des Etats membres d’alliances en faveur d’une sortie des énergies fossiles (tels la Colombie, l’Espagne, la France et le Kenya), ou encore des Etats parmi les plus exposés au changement climatique à l’image de Tuvalu, de Trinité-et-Tobago, de l’Ouganda et du Bangladesh. Les pays présents à Santa Marta représentent conjointement 30 % du produit intérieur brut mondial et 30 % de la consommation de combustibles fossiles. Cette conférence, importante pour la création et la consolidation de coalitions volontaristes sur la sortie des énergies fossiles, n’a pas débouché sur une décision négociée ou des engagements contraignants. En effet, l’objectif de la rencontre était, dans un premier temps, d’offrir un cadre plus ouvert que celui de la COP (Conférence des parties) climat, de permettre de franches discussions sur les réalités concrètes d’une telle sortie, et d’accélérer la formation d’une coalition internationale afin de garantir que les futures COP climat n’ignoreront pas des mesures concrètes. Ainsi, il a été décidé d’organiser un autre sommet en 2027 – coprésidé par l’Irlande –, qui se tiendra dans l’archipel de Tuvalu, dans le Pacifique, et de créer trois groupes de travail. Le premier concerne la formulation, par les Etats participants, de feuilles de route précises de sortie des énergies fossiles ; le deuxième porte sur les manières de réduire les dépendances macroéconomiques à ces énergies et d’augmenter les capacités étatiques financières pour la mise en œuvre de politiques de transition. Quant au troisième, il a trait à la décarbonation du commerce international. Rhétorique du tournant Les discours de plusieurs participants faisant de cet événement un « tournant » rappellent les propos de nombreux acteurs politiques sur la sortie des énergies fossiles à la suite de la conférence de Paris de 2015 sur le climat (COP21) ou de la déclaration commune de la COP28, à Dubaï, en 2023. Pourtant, le peu d’effets directs et indirects concrets qui avaient suivi ces déclarations incite à la prudence face à la rhétorique du tournant. Ce moment va-t-il se transformer en mouvement ? Autrement dit, la rencontre de Santa Marta va-t-elle enclencher une dynamique ambitieuse de réformes internationales et des politiques publiques nationales à la hauteur de la crise climatique ? Il vous reste 59.58% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.