En 2025, en pleine « guerre commerciale » avec les États-Unis, les politiciens québécois et canadiens étaient nombreux à parler d’abolition des « barrières interprovinciales » pour favoriser le commerce au Canada. Aujourd’hui, des entreprises ontariennes tentent de profiter de ces efforts en « décloisonnant » les marchés canadiens, et ce, grâce à la langue française.Certains obstacles au commerce interprovincial ont été abolis en Ontario l’an dernier par le « Capitaine Canada » de l’époque, le premier ministre ontarien Doug Ford. On peut penser par exemple à l’entente conclue avec le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse en avril 2025. Mais pour que ces mesures fonctionnent, encore faut-il que les entreprises aillent à la rencontre de ces nouveaux marchés.La Société économique de l’Ontario (SÉO) croit avoir trouvé un moyen de favoriser ces rencontres.En avril et en juin, la SÉO a organisé deux « missions économiques » avec une vintaine d’entreprises francophones. Pendant quelques jours à la fois, des entreprises ont été mises en contact avec des clients francophones d’ailleurs au Canada.En créeant ces opportunités de rencontres, la SÉO espère « renforcer les chaînes d’approvisionnement nationales », écrit-elle dans un communiqué diffusé vendredi. Surtout, dit la société, « dans un contexte marqué par les discussions entourant la renégociation de l’ACEUM [accord Canada–États-Unis–Mexique] ».« Francophonie économique »À pareille date l’an dernier, l’ex-ministre des langues officielles du Canada, Steven Guilbeault, avait nommé la « francophonie économique » comme « levier stratégique » pour le Canada, à l’occasion d’une rencontre avec tous les ministres de la francophonie des différentes provinces.Le terme a pris tout son sens pour Ann Deslarosbil, stratège d’affaires pour l’entreprise Phar, lors de sa participation la semaine dernière à l’une de ces missions économiques organisées par la SÉO, au Nouveau-Brunswick.Pendant trois jours, elle a rencontré une dizaine de clients potentiels issus de la francophonie canadienne. Des rencontres facilitées par « un lien de confiance préétabli » en raison de la langue commune, explique-t-elle. « Pour avoir fait de la business partout dans le monde, c’est sûr que dans notre deuxième ou troisième langue, il y a un ajustement culturel qu’on doit faire. Il y a une adaptation, le lien de confiance est plus long à établir », résume-t-elle. Alors qu’avec les « cousins » de la francophonie, ce lien se crée « naturellement ».Ann Deslarosbil est convaincue que le modèle proposé par la SÉO est efficace, et espère pouvoir participer à nouveau à une mission comme celle qu’elle a vécue la semaine dernière.