Un outil québécois d’intelligence artificielle (IA) aide les anglophones à pratiquer le français dans des situations de travail. Baptisé Conversaflex, l’outil séduit entre autres des entreprises ontariennes qui desservent des communautés francophones.Kristy McClatchey est Ontarienne. Elle travaille depuis plusieurs années comme intervenante au Kids Help Phone, une ligne d’aide en santé mentale pour les jeunes canadiens. Son travail se déroule majoritairement en anglais, mais elle doit parfois intervenir auprès de ses collègues francophones ou bilingues.En Ontario, 82 % des entreprises servent le public uniquement en anglais, selon les plus récentes données de Statistique Canada. À l’échelle du pays, hormis le Québec et le Nouveau-Brunswick (la seule province officiellement bilingue du pays), cette proportion atteint 84,5 %.Pour évoluer dans son milieu de travail, elle devait apprendre le français, admet-elle au bout du fil. Mais l’Ontarienne n’en était pas à ses premiers efforts. Elle avait étudié le français à l’école jusqu’à la fin du secondaire, avant de s’y remettre récemment avec l’application américaine Duolingo. Mais après un certain temps, elle a eu l’impression de plafonner. « J’ai atteint un point où ça ne m’apportait plus grand-chose. Je connaissais les mots que je voulais utiliser, mais je voulais être capable d’avoir une conversation. Je voulais pouvoir parler à quelqu’un naturellement », raconte-t-elle.Elle s’est mise à la recherche d’une IA dotée d’un outil vocal, pour être en mesure de converser en français « sans gêne ». « Mais j’avais de la difficulté à en trouver un qui me comprenait et, surtout, qui utilisait un français québécois. C’était surtout des outils français de France », raconte-t-elle. Lorsqu’on lui a proposé Conversaflex, elle a sauté sur l’occasion. « J’utilise peu l’intelligence artificielle dans ma vie quotidienne, mais pour vaincre ma nervosité, je trouve que ça aide. »