Il faut accélérer le rapprochement économique entre l’Union européenne (UE) et le Canada, ont plaidé des ministres influents du gouvernement de Mark Carney à l’occasion de la 32e édition de la Conférence de Montréal.La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, dit avoir un objectif bien précis en tête : aligner « plus que jamais » la politique commerciale canadienne sur celle de l’Europe. « Je veux passer d’une approche de libre-échange à une plus grande intégration industrielle », a-t-elle déclaré lundi.Côté européen, le message semble avoir été bien reçu. Stéphane Séjourné, commissaire chargé de la stratégie industrielle de la Commission européenne, a, lui, martelé la nécessité que ce rapprochement soit « plus rapide ». « C’est le message qu’on doit donner à nos administrations : il faut coordonner nos dispositifs de protection », a-t-il évoqué, dans une référence à la politique « Achetez canadien ».

« C’est peut-être ça le changement réel aujourd’hui, c’est qu’on doit aller plus vite, a-t-il ajouté. C’est une question d’années, voire de mois, pour pouvoir intégrer nos deux marchés. »Plus de 3300 personnes de près d’une cinquantaine de pays, tant des dirigeants d’entreprises que des décideurs politiques — dont la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, et le ministre des Finances, François-Philippe Champagne — doivent participer à l’événement, qui s’étend sur trois jours à l’hôtel Bonaventure.« Plus d’excitations que de préoccupations »Malgré la tendance actuelle au protectionnisme en contexte d’incertitude géopolitique, c’est plutôt la démarche inverse qui a été préconisée lundi à la Conférence de Montréal. Ce rendez-vous annuel, organisé par le Forum économique international des Amériques, se veut un lieu d’échanges et de débats quant aux grands enjeux économiques de l’heure.Résilience, compétitivité et pragmatisme ont dominé les échanges de cette première journée, a pu constater Le Devoir, sur place. « Le pragmatisme, ça veut dire que l’engagement ne signifie pas l’approbation », a précisé la ministre Anand, sans citer spécifiquement la Chine, avec qui elle a conclu un partenariat commercial plus tôt cette année.Impossible, toutefois, d’ignorer l’éléphant dans la pièce, à savoir la guerre commerciale actuelle avec les États-Unis, a analysé Nicholas Rémillard, président du Forum économique international des Amériques. Surprenamment, il a dit avoir constaté « plus d’excitations que de préoccupations » en sondant les participants de la Conférence quant à la possibilité de nouvelles routes commerciales. « Il y a quelque chose de spécial qui se passe. Le Canada est vu comme un partenaire d’affaires fiable avec qui on peut faire du commerce », a affirmé M. Rémillard.Coopérer pour réduire les barrières« Il y a deux barrières principales pour les entreprises qui souhaitent aller en Europe : le protectionnisme et la réglementation », a rappelé Véronique Proulx, présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec.M. Séjourné, qui représente la Commission européenne, a milité pour leur réduction, disant vouloir ainsi faire face aux « surcapacités venues de l’Asie » et aux tarifs douaniers américains. La ministre Joly a, elle, suggéré aux entrepreneurs québécois de tenir bon face aux tarifs américains et de « compter sur l’interventionnisme gouvernemental » pour les aider.